CHAPITRE 21: REVELATIONS HYPNOPOMPIQUES

Les esprits rêveurs pilotés par Jacques s’étaient retrouvés, flottant,  dans un espace blanc et nuageux qui ne semblait pas avoir de limite. Ils se sentaient comme dans un océan tiède, prêts à immerger à l’air libre.

– Où sommes-nous ? demanda Sonja, étonnée d’avoir pu émettre un son.

– Dans la phase hypnopompique du sommeil, répondit-il. Vous allez recouvrir peu à peu certaines de vos capacités motrices parce que nous allons bientôt nous réveiller. Ça va durer un petit moment, alors n’hésitez pas à me poser des questions sur ce que vous avez vu et entendu.

– Jacques, une question nous brûle les lèvres, commença Aldric, et ça concerne surtout ce que nous n’avons pas vu.

– Laissez-moi deviner…, s’enquerra-t-il, vous voulez savoir ce qu’Agnès et moi avions vu sur ce CD ?

– Absolument ! s’exclama le journaliste.

– Eh bien, c’était une sorte de prospectus électronique pour donner envie de rentrer chez Hexagon Industries, un prospectus suffisamment convaincant pour laisser sa vie derrière soi pour en embrasser une autre plus secrète mais peut-être plus trépidante intellectuellement. Les premiers fichiers racontaient comment la société Hexagon Industries avait été fondée.

– Ah oui, et comment a-t-elle été fondée ?

– C’est une longue histoire. Mais vous êtes là pour ça. Ça commence entre les années 1936 et 1940, lorsque les nazis ont pris le pouvoir en Allemagne. Ils avaient mis en place une organisation scientifique, l’Ahnenerbe, chargée de faire des recherches sur les origines aryennes de la race germanique. Leurs enquêtes les ont menés dans le monde entier y compris en Antarctique, sur les Terres de la Reine Maud qui’ils confisquèrent à la Norvège, en tout cas une partie pour la rebaptiser : Nouvelle-Souabe. Les nazis ne se sont pas juste implantés sur ces terres glacées pour la pêche à la baleine comme cela avait été officiellement dit mais surtout parce qu’ils y avaient découvert sous la glace une civilisation antique bien antérieure à celle des sumériens et dont l’avancée technologique était comparable à celle des minoens de la méditerranée. Mais en dehors de cette comparaison, elle ne ressemblait en rien à ce qui était connu. D’autant plus qu’on avait toujours pensé que ce continent avait été constamment recouvert de glace depuis que l’homme était Sapiens sapiens, et que le premier homme à y avoir posé son pied sur son sol gelé l’avait fait au 18e siècle.

– Je l’ai étudié en Histoire des Uchronies: les nazis cachés au pôle sud dans des soucoupes volantes. Cette théorie ridicule faisait fureur dans les milieux conspirationnistes avant l’Enigma.

– Cela n’a rien à voir mais vous ne serez pas au bout de vos peines quand vous entendrez la suite. Ce qu’ils avaient découvert n’était que les vestiges d’une partie de la basse cité d’un des sept ensembles urbains de ce qu’on appellerait aujourd’hui une mégalopole. Ils l’ont appelée Antillia.  Elle s’étendait sur 600 000 km2 avec 60 millions d’habitants, presque autant que la région des Grands Lacs en Amérique à l’époque de mes 18 ans.

– Une mégalopole antique, vous dites ? Et elle daterait de quand ?

– Elle aurait brutalement disparu il y a 73 500 ans avant notre ère avec l’éruption du supervolcan indonésien Toba. L’ère glaciaire qui avait déjà commencé et qui a été renforcé par l’éruption, a mis fin à cette brillante civilisation. Rendez-vous compte : la civilisation de Sumer, il y a 6 000 ans, la civilisation des Minoens, il y a 4 000, et là, ils découvrent une civilisation extraordinaire, 73 500 ans ! Mais rien à voir avec une possible Atlantide, plutôt située 11 000 ans plus tôt.

– Toba… ne serait-ce pas le volcan dont on dit qu’il a failli provoquer l’extinction de l’humanité.

– C’est bien cela, Aldric.

– Orsino, pourquoi dites-vous que l’on ne sera pas au bout de nos peines ?

– Parce que la cité haute d’Antillia était complètement différente de la basse. Le niveau technologique de ceux qui l’ont construite dépassait largement la nôtre.

– Effectivement, je ne m’y attendais pas à celle-là.

– Les habitants de cette mégapole maitrisaient vraisemblablement la navigation spatiale et transdimensionnelle.

– Est-ce que vous nous parlez d’extra-terrestres ?

– Absolument pas. Je parle d’humains vivant à l’ère du paléolithique moyen avec une avance technologique d’au moins un million d’année sur les sociétés du début du 21e siècle.

– Et une telle civilisation aurait été anéantie par une super éruption qui a eu lieu il y a quelques milliers de kilomètre d’eux ? Ils sont peut-être juste partis vers les étoiles, ils maitrisaient bien les voyages spatiaux… ou alors Il y a quelque chose que vous ne nous dites pas, n’est-ce pas ?

– C’est vrai. La basse et haute cité montrait des traces de batailles. Les nazis ont pensé à un soulèvement, une guerre civile…

– Mais ce n’était pas cela, n’est-ce pas ?

– Après la seconde guerre mondiale, les chercheurs de l’île Deslimbes songeaient plus à une agression venue de l’extérieur.

– Quand vous dites extérieur, ce n’est pas extérieur à l’Antarctique, j’ai l’impression ?

– Extérieur à la Terre. Mais ce n’est pas forcément là encore une fois une agression extra-terrestre, ou plutôt devrais-je dire une agression non-humaine. Car en arrivant à ce point d’avancée technologique et d’expansion de colonies habitées dans l’univers, la notion de terrestre et d’extra-terrestre devient obsolète.

Les nazies ont donc pu profiter pendant un certain temps de ce qu’ils avaient découvert sur le continent de glace pour avoir le dessus sur les alliés et s’assurer la victoire. Ils ont adapté ce qu’ils avaient pu adaptés. C’est-à-dire pas grand-chose au début de la guerre, mais ça a été suffisant. Les missiles V2 en sont un exemple. Le reste était resté à un stade expérimental.

– Sauf qu’ils n’ont jamais gagné. Qu’est-ce qui s’est passé ?

– S’ils n’ont pas gagné, c’est grâce en partie, à des espions de l’intérieur, de l’Ahnenerbe en particulier, qui n’adhéraient absolument pas à la doctrine de leur gouvernement. Ils ont trahit l’idéologie hitlérienne pour la bonne cause et pour l’Allemagne qu’il souhaitait voir renaître. Ils ont pu révéler aux alliées cette découverte insolite et il s’en est suivi la bataille de l’Antarctique qui n’est évidemment pas écrite dans les livres d’Histoire. Il leur fallait couper la route du Pôle Sud aux forces de l’Axe, investir la mégalopole et s’approprier une technologie qui aurait pu les aider à renverser la vapeur en Europe et dans le Pacifique.

– Qu’est-ce que les alliés y ont trouvés ?

– L’arme atomique, pardi. Ils y ont trouvé des données essentielles. Sans cela, les américains auraient mis quelques années de plus à la mettre au point, et l’Histoire aurait été bien différente. Cette bataille de l’ombre avait, cependant, irrémédiablement détruit les vestiges et rendus quasiment inexploitable ce qui avait été conservé des millénaires sous la calotte polaire.

A la fin de la guerre, le traité de l’Antarctique a gelé toute revendication de territoire par les nations, en partie à cause d’Antillia. La Nouvelle-Souabe se trouvait être sur la Terre de la reine Maud, revendiqué au départ par les norvégiens, ce qui n’était acceptable ni pour les américains, ni pour les russes et les autres vainqueurs. La collaboration sur Antillia a été de mise, mais seulement entre pays de l’OTAN pendant la guerre froide. Mais ils se sont vites rendu compte que la Nouvelle-Souabe était un bout de terre aride et congelé, complètement ravagé par les pillons. Mais les soviétiques, eux, ont eu toutes les notes, recherches, dossiers sur l’antique cité polaire lorsqu’ils ont ravis Berlin et Munich, le siège de l’Ahnenerbe. Tout avait été transféré à Moscou puis Saint-Pétersbourg, Leningrad à cette époque, dans un département secret de recherche scientifique dirigé à l’époque par un certain professeur Théophane Sannikov.

– Sannikov, Sannikov, ça me dit quelque chose…mais oui !

– Bien-sûr que ce nom vous dit quelque chose, Sonja. C’est le Tesla de la physique théorique, oublié par tous et redécouvert depuis peu. Je ne le savais pas à l’époque, mais c’était un oncle éloigné de ma famille. Mais il était surtout l’un des plus grands physiciens théoriciens de notre histoire, l’égal d’Einstein, que ses contemporains n’ont jamais pu connaître puisqu’il avait travaillé dans l’ombre de la guerre froide puis du traité de non-divulgation lorsqu’il avait finalement rejoint l’île Deslimbes.

Pourtant, il aurait gagné à être connu et à rentrer dans les livres d’Histoire et de physique comme Albert Einstein pour avoir découvert quelque chose de plus extraordinaire que la physique quantique : la physique sannikovienne et l’effet Sannikov pour voyager dans les mondes alternatifs. Rien que cela. Je vous l’accorde, il a réussi à le faire grâce aux notes des Allemands décryptés d’Antillia, mais Oppenheimer et les autres ont eu le même coup de pouce pour la bombe atomique… Bref…

A l’époque des sondes Vénéra qui visitait Vénus, dans les années 1960-1970, les soviétiques envoyaient également des sondes d’exploration spatiales dans d’autres univers, grâce à Sannikov. Plus de 99% d’entre eux étaient vides, inhabitables, chaotiques, avec des lois physiques étrangères aux nôtres… mais les autres qui restaient étaient extraordinaires. Quand les américains s’étaient vantés d’avoir posé les pieds sur la lune, les soviétiques avaient marché dans la discrétion la plus totale sur d’autres planètes comparables à la Terre.

– Vous plaisantez ? Qu’est-ce qu’ils y ont trouvés ?

– Rien.

– Comment ça, rien ?

– Toutes ces planètes qu’ils ont trouvées étaient devenues arides et irrespirables. Ils y ont trouvé, certes, des traces d’anciennes civilisations intelligentes, mais toutes avaient semble-t-il essuyé une guerre cataclysmique qui semblait avoir eu lieu à la même époque. Tous ces mondes avaient été brûlé en un instant.

– Quelle époque… ?  Vous me faites peur…

–  A l’époque de l’éruption du mont Toba.

– Je comprends maintenant. C’est pour cela qu’ils avaient invalidé la thèse des nazis. Ils pensaient que ce qui avait attaqué la cité de l’Antarctique avait également attaqué tous ces mondes simultanément et provoqué leur extinction.

– Absolument, Sonja. Et vous verrez dans nos voyages oniriques que le signal Enigma a un lien très étroit avec toute cette histoire.

– Mais ça n’explique pas tout ça … cette île mystérieuse et cette société inconnue au bord du monde, je veux dire.

– Oui, ça n’explique pas tout cela, mais on y arrive. Une seule sonde a débarqué sur un monde habitée qui n’avait pas été ravagée par une ancienne guerre. Ce fut le 12 juin 1983.

La sonde avait envoyé les données d’une étoile de 1,1 masse solaire et de métallicité voisine à notre soleil. En général, c’était bon signe pour avoir une planète qui avait été habitée par une quelconque forme de vie. Sauf qu’il n’y avait autour d’elle aucune planète. Et pour cause, c’était un système binaire, ou plutôt trinaire.

– Un système de trois étoiles sœurs liées par la gravitation, marmonna Aldric.

– L’étoile qui ressemblait à notre Soleil, Dussarès, tournait autour d’un barycentre avec un couple de naine rouge qui se tournait l’une autour de l’autre : Seroris Major la plus massive et Seroris Minor la plus petite.

C’était impensable à cette époque de croire qu’une planète pouvaient se former et se maintenir dans un environnement gravitationnel aussi complexe…

Mais ils en découvrirent pas une mais deux ! Nimba, une super-terre, trois fois la masse de notre planète, entièrement recouverte d’eau avec une épaisse couche nuageuse et qui orbite autour du système Seroris. Beaucoup plus loin, orbitait une géante gazeuse, presque une fois et demi notre Jupiter, Sandalphon, mais avec une densité voisine de celle de Saturne. Et c’est autour de cette dernière qu’ils ont trouvés les perles rares.

– Les perles rares ?

– Oui, les précédentes sondes ont trouvé des mondes habités dans un même système stellaire : Daneb, Lielos et Gabar, des satellites quasi-jumelles de la terre orbitant autour de la majestueuse Sandalphon.

– Et les gens de là-bas… ?

– La dame Ildiko venait de Daneb.

– Elle nous ressemble beaucoup.

– En apparence, oui. Nous avons beaucoup de similarité parce qu’il semblerait que les humains d’ici et de là-bas aient eu un ancêtre commun ou qu’il y ait eu mélange pendant des milliers d’années avant que le grand cataclysme interrompe tout échange. Mais la séparation depuis ces 70 000 ans a créé un éloignement génétique évident, une différence culturelle et linguistique. Et alors que nous, sur Terre, étions repartis de zéro technologiquement, ces derniers avaient déjà une grosse avance.

Rendez-vous compte que les civilisations de là-bas n’exploitaient pas du tout le sous-sol de leur planète mais ceux des nombreux astéroïdes et comètes de leur nuage d’Oort. Ils appelaient ça le nuage des Cassitérides, il était habité par des robots-miniers. Ils maitrisaient le voyage spatial, mieux que nous, la robotique mieux que nous. La seule chose qu’ils ignoraient, en apparence, et que les soviétiques possédaient, c’était la technologie des passes-mondes, élaborés par Sannikov grâce aux documents nazis d’Antillia.

Après la peur de subir une conquête par ces humains d’un autre univers, une confiance mutuelle fragile s’est installée et il s’est donc naturellement créé une collaboration. Mais ils ne voulaient pas uniquement collaborés avec les soviétiques mais avec toutes les nations de notre monde, au grand désarroi des russes, vous l’imaginez. La révélation aux américains faillit créer un incident diplomatique très grave, mais le choc passé, la curiosité et l’envie d’aller de l’avant prit le pas sur les rancœurs. C’est le contact des deux civilisations qui a accéléré le dégel de la guerre froide et permis la création de cette île et d’Hexagon Industries pour préparer les générations futures des deux mondes. Par contre, si dans le système Dussarès-Seroris, tous les habitants connaissaient l’existence de la Terre et de ses habitants, ici, seuls quelques hommes et femmes de l’élite politique mondiale savaient qu’il y avait des habitants au-delà du voile qui sépare les mondes.

– Excusez-moi Jacques, je retourne un peu en arrière parce qu’une chose me turlupine : si sur notre planète, Antillia témoigne d’une grande guerre, que des milliers de mondes sont devenus arides et inhospitaliers à cause de cette même guerre, il devait y avoir chez nos nouveaux amis, des traces aussi de ces combats, non ?

– Aucun vestige, selon eux, mais un récit épique mythologique, qu’ils nomment les Cantos d’Elium et appris par tous les enfants dans leurs écoles, qui relatent une guerre des dieux, la théomachie, qui aurait provoqué l’extinction de nombreuses espèces intelligentes et la disparition de nombreux mondes à travers le multivers. En longueur de texte, nous ne sommes pas loin du Mahabharata des indous.

– Je reste tout de même perplexe sur les motivations de votre sœur pour s’être précipités sur l’île Noire avec ces révélations, même si elles dépassent l’entendement.

– Oui, vous avez raison. Le CD lui avait révélé quelque chose dont elle ne pouvait pas résister à l’appel. Et même si le verrou psychologique subliminal l’avait empêché de s’en rappelé jusqu’au déconditionnement, elle ne pouvait pas faire machine arrière.

– Vous nous faites languir !

– Ma sœur avait vu sur ce CD et avait compris qu’elle pourrait participer à révolutionner notre monde. Les archéologues qui ont écumé les vestiges d’Antillia, ont compris que les humains de cette super civilisation dont on ne retrouve quasiment les traces évidentes qu’au Pôle Sud, n’étaient pas tous totalement humains. C’était un système féodal dont l’itération des noms des vassaux et des suzerains s’étendaient sur plusieurs centaines d’années voire un millénaire au moins dans les archives. D’autres sources et indices ont permis de comprendre que ces êtres humains trompaient la mort et vivaient éternellement à l’échelle humaine et étaient considérés par leurs contemporains « normaux » comme des dieux.

– Cela a suffi à la convaincre ?

– Bien-sûr que non ? Elle n’est vraiment pas du genre à croire à ce genre de chose. C’est la preuve biologique qui la fait basculer. Vous savez que dans ma jeunesse des mammouths très bien conservés avaient été découvert dans le pergélisol sibérien… Eh bien, l’expédition franco-américaine en Nouvelle-Souabe avait trouvé sur le site d’Antillia le corps d’un de ces surhumains, mort bien entendu, mais suffisamment conservé pour dévoiler le secret de sa longévité.

Aldric et Sonja se demandant où il voulait en venir, il se mit à citer quatre vers du poème d’Homère, l’Iliade :

« Du poignet jaillit l’immortel sang de la déesse,

L’Ichor, tel qu’on le voit couler chez les dieux bienheureux :

Ne consommant ni pain ni vin aux reflets flamboyants,

Ils n’ont pas notre sang et portent le nom d’Immortels »

– L’ichor ! s’exclamèrent-ils.

– Oui ! La bactérie symbiotique de nos cellules, version allégée, qui nous permet de vivre deux à trois fois plus longtemps que nos aïeux. Le graal de la médecine que j’aime appeler « le midi-chlorien des dieux de la protohistoire ». Avec ce minuscule organisme, elle savait que si elle réussissait à nouveau à l’adapter aux humains de la terre, la famine n’existerait plus, la surexploitation agricole ne serait plus nécessaire, 97% des maladies infectieuses ne seraient plus une menace, plus de maladies métaboliques, plus de maladies nutritionnelles et plein d’autres avantages.

– Comment pouvait-elle être sûre que ce n’était pas un montage, un canular… ?

– Parce que celle qui avait présenté cette partie n’était autre que la meilleure amie de notre mère et sa marraine. Elle était aussi scientifique. J’étais trop jeune pour me rappeler d’elle quand elle est décédée à la suite d’un long combat contre le cancer mais Agnès l’avait bien connue et avait été très proche d’elle. C’est sûrement ce choc psychologique qui a permis de momentanément lui faire oublier ce qu’elle a vu tout en conservant sa volonté de venir sur l’île.

– Vous n’aviez pas été affecté par cette amnésie programmée alors ?

– Si, mais dans une moindre proportion. Je n’ai d’ailleurs pas eu besoin de déconditionnement. C’est un système multicanal dont le pilier est le canal émotionnel, il me manquait celui-là pour que le verrou soit parfaitement opérationnel.

– Et qu’a vu Peter sur son CD ?

– Je ne l’ai jamais su et il ne l’a dit à personne. Je suppose que ça l’avait suffisamment bouleversé pour ne pas qu’il veuille le partager.

LES OBEDIENTS MECANIQUES (OU LE PEUPLE DES MACHINES)

http://www.lescurieuses.net/2014/11/intelligence-artificielle-doit-on-la-craindre-ou-laccelerer/

OBEDIENT MECANIQUE est le nom générique pour toutes les formes de vie intelligente artificielle qui évoluaient au côté des formes de vie intelligentes organiques à l’époque de l’empire d’Elium.

Bien qu’extrêmement avancés technologiquement, les orixans ne sont pas les créateurs des Obédients mécaniques. Ils ont été conçus par une espèce plus évoluée encore, antérieure à leur civilisation et qui avaient déjà disparu mystérieusement avant l’apogée d’Elium.

Les obédients mécaniques sont les antagonistes de la première théomachie qui opposait vie organique contre machines. Elle s’est soldée par la victoire des Orixans et le début de leur ascension et l’asservissement des obédients parqués à des fonctions telles que l’exploitation des mines d’astéroïdes (trop dangereuses pour des formes de vie organique), des fonctions ouvrières, domestiques …

Ces fonctions contrastaient avec l’extrême sophistication et complexité de leurs systèmes et organisations :

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Tous les obédients mécaniques quelques soient leur forme ont un cerveau positronique : ce sont des ordinateurs quantiques à système ternaire dont les processeurs sont en carbonado (une forme de diamant qui rend les processeurs beaucoup plus rapides, beaucoup plus performants, plus résistants à la chaleur… que nos processeurs en silicium). Les circuits nerveux sont associés à des fibres optiques améliorées. Le squelette, l’armature et le revêtement sont fait en métamatériaux polymorphes semi-métalliques.et chacun sont munis d’une pile atomique ou à combustible selon la classe.

Si tous les obédients mécaniques ont une volonté propre et éprouvent des émotions et des sentiments, ils obéissent tous à l’obédient mécanique père qui possède un code source principal (dont la modification à permis leur asservissement).

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TERMINATOR
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LE ROBOT NAO (existe pour de vrai)
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THE BICENTENNIAL MAN
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ROBOCOP
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I ROBOT

THEOMACHIE

http://indiaopines.com/ghatotkacha-warrior-kurukshetra-war/

La THEOMACHIE (issue du grec qui signifie « combat contre les dieux« ) ou plutôt devrais-je dire les THEOMACHIES sont des guerres totales et globales.

A l’instar des guerres mythologiques tel que la Titanomachie ou le Mahabharatales puissances mises en jeu sont si cataclysmiques qu’elles paraissent à nos yeux de simples humains être le déchirement des cieux. Les armes utilisées sont si puissantes et destructrices qu’elles perturbent l’ordre du cosmos (vaporisation de planètes, dislocation d’étoiles…).

Les théomachies sont totales car toutes les ressources disponibles sont mises à contribution pour le soutien de l’effort de guerre et l’anéantissement des ennemis. Toute l’économie est dirigée dans ce seul et même but. L’énergie, les matières premières et les industries pour les transformer, les technologies pour améliorer ce qui a été transformé, les services (santé, éducation…), tout doit servir l’idéologie pour gagner la théomachie par la destruction pure et simple de l’autre.

Les théomachies ont une autre particularité: en plus d’être totale, elles sont globales au point que les lignes de front peuvent être distantes de plusieurs centaines de milliers de parsecs. Elles ne sont donc pas planétaires (mondiales) ou interplanétaires mais galactiques voire inter-dimensionnelles.

Les nations et peuples belligérants, hautement avancés technologiquement, se livrent des batailles si agressives et acharnées qu’au moins l’un d’entre eux succombe à l’extinction avant la fin des hostilités.

Il y a eu 3 théomachies, la dernière a eu lieu il y a 73 500 ans. Peut-être que le signal Enigma annonce l’aube d’une 4e ?

Mass Effect 3 – Bataille Spatiale Finale (VF)

CHAPITRE 9: LA MOTION B-757

L’imagination attisée par la grand-mère qui avait été mince comme un épi de blé transporta l’auditoire attentif 73 500 ans plus tôt, quelque part sur une planète inconnue et habituellement inhabitée. L’empereur des Orixans y avait convoqué l’ensemble de l’amirauté des quatre coins des univers. Tous les généraux des dernières flottes spatiales restantes étaient présents au grand complet, mais également les rois et reines vassaux, les princes et princesses des maisons mineures et majeures, les ambassadeurs des peuples et nations alliés et bien entendu ceux que l’on appelait les Neuf, les diseurs de vérités impériaux, des conseillers de haut rang très respectés, dont l’incontestée Njeddo Dewal.

L’aspect des Orixans était différent de celles des autres espèces humaines. Il était semblable à celle des Dieux tel que l’on se l’imagine. Tous étaient grands et majestueux. Si certains avaient la peau aussi blanche que l’albâtre, d’autres avaient la peau aussi noire que l’ébène. Leurs yeux dorés, argentés ou encore bronze écarlate étaient animés d’une lueur intimidante pour le commun des mortels. Leur chevelure tressée mêlée à des fils de soie platinés faisait honneur à leurs parures, habits et armures de lumière. Au travers de chacun d’eux semblaient transparaître une aura de divinité. Car même si aucun d’eux n’étaient des êtres divins, ils en possédaient les pouvoirs et l’immortalité. C’est pourquoi nos ancêtres, les Hommes d’antan, les vénéraient comme tels.

La grande cité impériale, qui pouvait voyager de planète en planète, était si gigantesque qu’elle aurait pu recouvrir 3 fois la plus vaste de nos agglomérations. Tel un navire, elle flottait juste au-dessus des eaux sans un bruit. Son armature en cristal et en métal luminescent la faisait ressembler à nulle autre chose connue des Hommes sinon à une arche fantastique surgit d’un monde surnaturel.

L’atrium du palais était majoritairement bondé de ces êtres sveltes et lumineux. Mais la salle était si grande qu’elle aurait pu en contenir encore le triple. Ils discutaient bruyamment et on sentait qu’il y avait une forte agitation et de la tension dans l’air.

Les voix s’arrêtèrent brusquement comme si on avait coupé le son. L’empereur des Orixans en personne venait d’entrer. Si les autres étaient incontestablement majestueux, lui l’était bien plus encore. Sans parler de sa noble épouse, l’impératrice, qui était à sa suite et qui affichait une beauté exceptionnelle. Tous les deux inspiraient la puissance et l’ordre.

L’échanson bomba le torse et prit la parole :

« Sa noble Majesté Ras Damballa, Empereur-Suzerain et Souverain des 12 Mondes, Roi d’Elium ».

Les gens se prosternèrent respectueusement.

« Sa noble Majesté Ras Ayida, Impératrice et Souveraine des 12 Mondes, Reine Consort d’Elium et Princesse de Gahinore, Védrona et Mizélis».

Tous se prosternèrent à nouveau respectueusement.

Les deux souverains prirent place sur leur trône. Dans la salle, des petites plateformes avec des sièges se dessinèrent en émergeant du sol. Les convoqués s’y assirent à leur tour. Elles se mirent à flotter et à s’organiser sans se télescoper pour former un hémicycle graduel autour des deux trônes.

L’échanson reprit une dernière fois la parole :

« Je déclare la première session extraordinaire du Conseil Martial officiellement ouverte».

En effet, l’immense empire des Orixans, qui s’était étendu sur plus de 144 000 planètes et planétoïdes, répartis à travers plus de 99 galaxies et dans 12 univers parallèles différents, était en guerre. Mais rien à voir avec nos guerres humaines pourtant effroyables. La guerre qui provoquait l’effondrement des 12 mondes et qui poussaient ces êtres pareils à des Dieux au bord de l’extinction était cataclysmique. Cataclysmique au point que les descendants des survivants la connaissent sous le nom de théomachie : la guerre des dieux.

Des étoiles entières étaient écrasées et leur énergie aspirée pour soutenir l’effort des combats. Des milliers de planètes étaient rasées et exploitées jusqu’aux derniers milligrammes de métal et d’eau.  Des milliards de combattants perdaient la vie. Ils combattaient un ennemi si redoutable. Un ennemi qui n’avait aucune pitié, qui ne connaissait ni le repos ni les trêves et qui semblait grossir démesurément. Alors qu’eux-mêmes, auparavant dix fois plus nombreux que les humains de la Terre à notre époque, ils semblaient être réduit à seulement quelques centaines de millions d’individus. De nombreuses espèces intelligentes alors, qui faisaient partie de l’empire, s’étaient éteintes définitivement, exterminées, après que leur monde soit tombé sous le joug tyrannique et irraisonné des Anunnakis.

Damballa l’empereur se leva après avoir regardé d’un air grave son épouse. Elle lui rendit un regard de soutien. Sa voix grave et forte emplit tout l’atrium. Il parlait lentement et distinctement afin que tous ne perdit aucun sens de ses mots :

« A l’heure où nous vous parlons, les avant-postes qui gardent Elium, notre planète-mère, essuient les terribles assauts de l’ennemi. Si ces avant-postes tombent, Elium-la-fabuleuse sera assiégée et les six derniers mondes restants qui sont sous notre bienveillante protection sombreront également rapidement après elle. Je vous ai convoqué tous ici pour voter une motion, à l’unanimité si cela est possible, pour défaire une loi qui nous est chère et qui sauveront, nous l’espérons, nos vies et les vôtres. »

Dame Njeddo Dewal qui était assise sur la plateforme à l’extrême droite des trônes impériaux chuchota à l’oreille de son fidèle accompagnant, le général Leuk :

– Nous y voilà. Cette motion aurait dû être soumise bien plus tôt pour sauver ce qui reste de cet empire en perdition.

Ce dernier acquiesça. Il la regardait avec admiration. Elle avait une beauté sévère. Seuls ses yeux argentés presque bleutés trahissaient son âge multimillénaire. Elle était parmi les Neuf devenue la plus influente à la cour impériale depuis que la guerre avait éclaté quelques mille ans en arrière. Elle n’était bien évidemment pas étrangère à cette motion dont l’empereur avait repoussé la soumission pendant près de 359 ans. Cela devait vraiment être une loi fondamentale pour qu’une motion visant à l’abroger soit autant moralement difficile à soumettre.

En réalité, Dame Njeddo Dewal avait proposé à l’empereur et son épouse trois motions pour l’empire, toutes plus terribles les unes que les autres. Ce jour-là, il en soumettrait une, à contrecœur, certes, mais convaincu dorénavant, compte-tenu des circonstances, du bien-fondé des conseils de la Neuf. Celle qui était devenu depuis peu la diseuse-de-vérité personnelle de l’empereur, un titre honorifique qui faisait que sa parole était d’une autorité absolue, avait  pris une part importante aux affaires impériales.

L’empereur Damballa dit :

« La motion B-757 vise à abroger la loi d’anti-militarisation des obédients mécaniques ».

Le choc de la nouvelle fit comme une vague déferlante dans l’assemblée qui était passée d’un silence attentif et tendu à une agitation bruyante et consternée. Seuls Dame Njeddo Dewal et son compère semblaient savourer l’instant. Plus au centre et en hauteur, le propre cousin de l’impératrice, le prince héritier de Gahinore, regardait avec circonspection la scène. Il savait qu’il se tramait quelque chose, il savait que la plus influente des Neuf y était pour quelque chose. Lui seul et ses partisans savaient que c’était une intrigante de la pire espèce et qu’en dépit de son apparente envie de bien faire, sa langue aiguisée ne pouvait que provoquer la ruine du couple impérial et de son empire.

A ses côtés, le jeune général suppléant des flottes spatiales de Gahinore lui demanda :

– Peut-être faut-il militariser les obédients, ils sont bien plus nombreux que nous et ne connaissent pas plus le repos que notre ennemi. Ils pourraient endiguer l’invasion. Ils combattraient à notre place pendant que nous recouvrerons nos forces. Et peut-être même qu’ils gagneront la guerre pour nous…

– Mais vous rêvez ! Vous rendez vous compte, de tous les « peut-être » ??? J’espère que les autres ne se laisseront pas abuser par cette idée absurde. Dois-je vous rappeler que les obédients ont des capacités comparables au nôtres. Si jamais, ils se soulèvent, nous n’aurons pas à faire face à un seul ennemi redoutable, mais à deux ! S’il gagne la guerre, ça ne sera pas uniquement contre les Anunnakis mais contre nous-même également.

– Je ne peux pas me rappeler le soulèvement de ces machines. Je n’étais pas né, c’est vrai, mais …

Il le rabroua :

– Non, effectivement, vous n’étiez pas né ! Ne pensez pas que c’était juste une erreur dans les algorithmes des programmes de ces machines pensantes, comme c’est écrit dans ces livres d’histoires falsifiés ! Vous ne vous rappelez que de ce que vous avez lu et non de ce que vous avez vécu. Je sais qu’elle y ait pour quelque chose. Elle veut remettre le couvert et je serai là encore une fois pour l’en empêcher.

– Qui cela ? S’interrogea le jeune général suppléant, bien qu’il ne douta pas une seule seconde de qui il s’agissait.

A ce même moment, comme pour répondre à sa question, Dame Njeddo Dewal se retourna vers la plateforme du prince. Ils s’affrontèrent durement du regard. Elle, avec un sourire narquois et ses yeux argentés bleutés, et lui avec son regard d’un jaune sombre ambré plein de défi.

L’empereur rappela l’atrium au calme, ce qui ramena aussitôt le silence et interrompit le face à face de la Neuf et du prince de Gahinore.

Les plateformes clignotaient. Cela signifiait que les personnes voulaient prendre la parole.

« Nous ne souhaitons pas de débats interminables et houleux. Les heures de l’empire sont comptées. Nous voulons une réponse rapide qu’elle soit positive ou négative ».

Dame Njeddo Dewal hochait de la tête pour approuver. Alors que le prince secouait la tête avec véhémence, désapprouvant totalement:

– La légendaire démocratie de l’empire Orixan est devenue bel et bien une légende.

L’empereur interpella l’assemblée :

« Vote positif pour la motion ?»

Dame Njeddo Dewal perça du regard les 8 autres Neuf.  Après quelques hésitations, leur plateforme s’éclaira. Ils approuvaient eux aussi. L’effet fut immédiat. Presque toute l’assemblée avait voté oui.

Le prince regardait ses partisans en secouant la tête de manière autoritaire pour leur signifier qu’il n’était point question de participer à cette mascarade grotesque. Certains avaient fait semblant de ne pas le voir et avaient éclairé leur plateforme.

– Regarde ces moutons de traître, ils hâtent la fin de notre monde.

– Mon seigneur, il faut prendre la parole, lui répondit-il désespérément.

L’une des rares plateformes qui étaient restés éteintes fut la sienne. Dame Njeddo Dewal s’était à nouveau retournée vers lui d’un air moqueur. Il faisait mine de ne pas la remarquer. En apparence calme, à l’intérieur tout son être était en ébullition.

Le prince fit clignoter sa plateforme non pas pour approuver la motion mais pour prendre la parole. Son accompagnant était content. L’empereur voulait refuser mais l’impératrice lui glissa avec sagesse:

« Laisse-lui son droit de parole, c’est une décision grave que l’empire prend aujourd’hui. » L’empereur se résigna :

« Je donne la parole au prince Ras Olokun de Gahinore ».

Dame Njeddo Dewal se roidit. Elle lança à son accompagnant :

– Croit-il changer nos desseins ? Eprouvons sa verve, mais je doute que cela ne change la décision du conseil martial.

Elle doutait en réalité, car même si le prince était connu pour être réservé et avare en parole, lorsqu’il ouvrait la bouche, il savait convaincre aussi bien qu’elle. Et il ne fallait surtout pas sous-estimer l’influence qu’il avait sur sa cousine l’impératrice qui avait bien entendu toute l’attention de son époux, le tout-puissant empereur des 12 mondes.

Ras Olokun que l’on surnommait, pas sans raison, « le sage » se leva et ses yeux jaunes sombres avaient une expression digne et solennelle.

« Cher Empereur, Chère Empresse, Chères Citoyens Impériaux. »

Tous s’attendaient à un discours mémorable et à des arguments imparables pour faire échouer la motion. Ce ne fut pas le cas, au grand dam de son accompagnant et de ses partisans restés fidèles.

« Nous vous gracions de tous discours éloquents pour vous persuader de l’absurdité de cette motion visant à déplacer nos forces offensives sur des êtres mécaniques pensants. Etres mécaniques dont le fonctionnement nous échappe. Etres mécaniques dont nous avons l’illusion du contrôle absolue.

Non, Nous n’essaierons nullement de vous persuader de ce que vous savez déjà tous et que vous feignez d’ignorer.

Mais sachez une seule chose, lorsque vous verrez vos cités assiégées et brûlées non pas par les Anunnakis mais par les obédients mécaniques, que Gahinore, Mizélis, Védrona, Daneb, Lielos, Sandalphon, Mirabilia, Gabar, Ker, Nimba, Otroki et la Fédération des Cassitérides se sont opposés à l’extinction de la race Orixane et de leurs alliés. »

Au fur et à mesure qu’il avait énuméré les planètes et planétoïdes qui lui étaient restées fidèles, les représentants sur les plateformes respectives s’étaient levés en mettant la main sur le cœur.  Il termina après un court silence éloquent :

« Je n’espère que ceci : que par la grâce de nos ancêtres les Etoiles, nos descendants connaîtront un jour une paix durable. »

L’assemblée restait silencieuse, presque interdite. Le général suppléant chuchota, ému:

– Je veux vous applaudir, mon seigneur.

– N’en faites rien surtout. L’heure n’est pas aux félicitations ni aux réjouissances. Quoique je dise, quoique je fasse, l’empereur a décidé que cette motion passerait. Ce vote est une fantaisie qui ne lui sert qu’à savoir qui est encore loyal à son trône. Plaider à contre sens, n’aurait servi à rien, mais il fallait que tous sachent que notre intégrité ne sera jamais bradée. Nous allons enquêter de notre côté sur cette fourbe et s’assurer que cette folle entreprise ne tourne pas au désastre.

Bien plus bas à l’extrême droite des trônes, l’accompagnant se réjouissait :

– Nous avons gagné ma Dame !

– Qu’une manche… juste une manche, rectifia-t-elle. Il ne lâchera rien, telle une bête qui veut absolument ronger de l’os. Il est plus dangereux que jamais.

– Quoi qu’il en soit le protocole des Neuf peut enfin commencer. Je suis curieux de savoir enfin ce que c’est. Dit-il gaiement.

Elle se tourna lentement mais on sentait que ses muscles étaient effroyablement raides:

– Ne dites plus jamais ça en public ! Plus jamais vous entendez !!! L’avait-elle menacé aussitôt.

Ses yeux étaient tellement effrayants qu’il vacilla. Il rougit de honte en baissant la tête :

– Je vous demande pardon ma Dame. Cela ne se reproduira jamais plus.

– Je l’espère ou je vous livrerai moi-même à ces reptiles d’Anunnakis !

L’empereur déclara, pour le plus grand plaisir de Njeddo Dewal, que la motion avait été votée à 1428 représentants contre 13. La loi d’anti militarisation des obédients mécaniques était abrogée. Le programme informatique visant à lever le verrou offensif contre les formes organiques par les machines pensantes serait diffusé dans la matrice algorithmique de l’obédient mécanique père. Ainsi elle serait transmise à toute son engeance. La défense des avant-postes se ferait dans la foulée pour sauver Elium de sa chute.