AKATSUKI LA SONDE JAPONAISE

Cela ne sera bientôt plus un secret que je préfère la planète Vénus à la planète Mars (ça vous avance beaucoup de le savoir, n’est-ce pas ?).

En lisant il y a quelques jours Sciences & Avenir, je suis tombé sur un petit article concernant une sonde japonaise du nom de AKATSUKI qui avait été perdu en 2010. Elle devait tourner autour de ma planète de prédilection mais s’est retrouvé à tourner autour du soleil.

Heureusement la JAXA, l’agence spatiale japonaise, a corrigé son erreur… lundi dernier.

On en saura peut-être plus ces prochains mois sur notre plus proche voisine.

Pour en savoir plus:

http://www.sciencesetavenir.fr/espace/exploration/20151209.OBS1060/la-sonde-spatiale-akatsuki-atteint-enfin-venus.html

Représentation numérique de la sonde japonaise Akatsuki en orbite autour de Vénus. ©Jaxa/ Akihiro Ikeshita
Représentation numérique de la sonde japonaise Akatsuki en orbite autour de Vénus. Jaxa / Akihiro Ikeshita. Crédit SCIENCES & AVENIR

 

 

LE SYSTEME GAHINORE-VEDRONA-MIZELIS

Il y a plus de 73 500 ans, les Orixans et les Humains sont installés sur Terre (Gahinore) mais aussi sur Mars (Mizélis) et sur Vénus (Védrona), intégrées au vaste empire transdimensionnel d’Elium.

Les trois planètes habitées bénéficient d’une faune et d’une flore bien spécifique à chacune et elles interagissent par des échanges commerciaux intenses.

TERRE ET MARS TERRAFORMEE
La Terre et Mars terraformée
Eon's World 2.0 - Archive eonscomic.kitmyth.net
Vénus terraformée

Cependant, les sols et les sous-sols de ces dernières ne sont quasiment pas exploités : les ressources minières proviennent essentiellement de l’exploitation des mines des astéroïdes de la ceinture du même nom par les obédients mécaniques miniers.

Les ressources alimentaires proviennent principalement de fermes spatiales orbitant autour des planètes. Tous ces dispositifs visent à préserver l’état naturel de l’environnement de ces trois planètes qui sont déjà densément peuplés.

www.orionpx.fr
Exploitation minière d’un astéroïde
mars-one.fr
Ferme spatiale

Aussi, même les cités orixanes sont construites de telles manières à ce qu’elles soient assimilées au paysage et peuvent léviter à quelques kilomètres au-dessus de la surface.

Acheron - Cité volante - JeuxOnLine www.jeuxonline.info
Cité volante

Mars ou Mizélis a une spécificité : de petite taille et en bordure lointaine de la zone Goldilocks (zone habitable), elle est trop froide et son attraction n’est pas suffisante pour maintenir une pression atmosphérique suffisante et donc de l’eau à l’état liquide. Les Orixans ont donc construits dans les sous-sols de la planète un dispositif sophistiqué qui génère de la gravitation artificielle (les centrales gravitogènes) et rend la planète aussi lourde que la Terre et Vénus. Ces centrales produisent également un champ magnétique qui protègent l’atmosphère des vents solaires.

Quant à Vénus (Védrona), elle n’est pas la planète infernale que nous connaissons aujourd’hui mais est une parfaite jumelle de la Terre à l’époque des dinosaures avec son satellite Cythérokin (plus petite que la Lune).

La présence orixane est présente jusqu’à Saturne ou un vaisseau-cargo filtre l’atmosphère de la planète pour raffiner l’hélium 3 (élément indispensable pour la fusion nucléaire et donc source d’énergie « renouvelable »).

The mysterious hexagon of Saturn

CHAPITRE 13: LE CONSEIL DES TREIZE

Sur Gahinore, la planète bleue, la civilisation des Humains étaient bien loin de ce qu’on appelle l’âge de pierre. Brillante, en plein essor et technologiquement étonnamment plus avancée que nous le serons jamais, les échanges commerciaux étaient florissants avec les planètes voisines : Védrona et Mizélis. Gahinore, qui n’était autre que notre bonne vieille Terre, n’était pas aussi différente d’aujourd’hui. Quant à Védrona et Mizélis, vous l’aurez sans doute compris, elles sont respectivement les noms orixans des planètes Vénus et Mars. Toutes deux alors verdoyantes, humides et peuplées.

Epargnées jusqu’alors des zones de combat, les trois planètes servaient de terre d’accueil pour les exilés de guerre et devaient payer un lourd tribut en soldats et en vaisseaux d’attaque et de défense. Car c’était là le devoir de toutes planètes vassales d’Elium l’Impériale.

Toutes les trois avaient à leur tête, trois frères : Ras Olokun dit le sage était prince-régisseur de Gahinore. Petit de taille pour un Orixan, il était reconnaissable par ses yeux or-brun. Il avait un visage doux et vénérable qui savait exprimer la sévérité quand les circonstances le demandaient. Grand leader, il avait pourtant vu sa popularité diminuer face à l’influence grandissante de la conseillère Njeddo Dewal qui avait le statut de « diseuse-de-vérité »  attachée au trône impérial.

Son benjamin avait hérité de Mizélis. Il s’appelait Ras Ogum le hardi. Bien plus grand que ses deux frères, il était connu pour avoir été le seul à avoir sauvé un système planétaire entier du génocide des Anunnakis. La bataille de Nimba, qu’il avait mené, était restée graver dans les annales et dans les mémoires.

Et enfin, l’ainé avait gardé Védrona comme fief. Il portait le nom de Ras Shango. Il était incontestablement le pilier le plus solide de Ras Olokun le sage.

Tous les trois étaient aujourd’hui réunis avec les dix autres souverains qui s’étaient opposés au vote de la motion B-757. Tous les treize étaient en huis-clos dans une salle qui ne laissaient entrer ni échapper aucune onde électromagnétique ni télépathique. Ils pouvaient être certains qu’aucune information ne pourraient fuiter pendant l’entretien. Ce lieu était appelé la Salle-sans-Ombrage.

Ils avaient pris place autour d’une très grande table ronde taillée d’un seul bloc dans la plus grosse des émeraudes importée de Védrona.

Si la majorité des treize assis avait l’apparence d’humains avec des attributs divins, d’autres en revanche n’auraient jamais pu passer inaperçu dans les rues de nos villes.

Le roi de Ker était terrifiant avec ses yeux rouges qui étincelaient comme des rubis. Aussi grand et aussi carré qu’un ours, il était aussi très bien pourvu en poils. Le visage des Kérites avait un aspect simiesque et leur voix grondait comme le tonnerre. A première vue, personne n’aurait voulu être leur ennemi ou leur chercher des problèmes. Leur caractère belliqueux s’accordait parfaitement avec leur physique impressionnant.

Le roi d’Otroki et des Otrokiens était aussi grand et aussi poilu. Et il faut bien le dire, avait un aspect simiesque également, bien que les deux espèces étaient génétiquement assez éloignés. Il suffisait déjà de voir que l’Otrokien avait deux paires de bras.  Si la première espèce semblait tout droit sortir d’un cauchemar, la seconde en revanche avait une apparence rassurante, comme de grosses peluches toutes dociles. Ils étaient aussi pacifiques qu’ils en avaient l’air. Leur voix également grave ressemblait plus à un ronronnement de gros chat. Aussi incroyable que cela puisse paraître, les membres de cette race ne se nourrissaient que d’eau et de lumière. Leur pelage, en effet, le plus souvent roux, était photosynthétique.

Mais s’il fallait parler d’une vision sortie d’un rêve féérique, la reine de Nimba était la meilleure candidate : Sa majesté Amui-Ata. Elle venait d’une planète deux fois plus grosse que Gahinore, presque entièrement recouverte d’eau dont la couverture nuageuse et l’atmosphère étaient exceptionnellement denses. Elle était longue et féline. Dessinée comme une amphore, la texture de sa peau était entre celle du poisson et de l’amphibien. Elle arborait un camaïeu de bleue avec des irisations turquoise. Elle possédait une paire d’aile prothétique de belle envergure qui lui servait aussi bien à nager dans l’océan qu’à planer dans les airs denses de sa planète natale. Sa voix ensorcelante était comme une musique de harpe. Mais attention, tous les souverains de l’empire avaient appris à ne pas sous-estimer cette sirène qui pouvait devenir, comme son homologue mythologique, aussi dangereuse que belle.

La Salle-sans-Ombrage était éclairée par une lumière blanche fantomatique qui semblait émaner de nulle part. Elle n’était occupée que par l’antique table ronde d’émeraude et par les treize sièges flottant sur lesquels avaient pris place les souverains. Les murs étaient nus et incurvés, sans trace de portes ou d’une quelconque ouverture.

Olokun le sage commença :

– Njeddo Dewal nous prend de vitesse. Son influence grandit auprès de l’empereur.

– Et la tienne diminue auprès de l’impératrice, notre cousine, rajouta Ras Shango.

– Je vous dis depuis des lustres qu’il faut ouvertement la défier pour la faire condamner, intervint Ras Ogun.

Le roi des Kérites approuva mais Eabani l’Otrokien contra :

– Sans preuve ?

– Nous en avons suffisamment, gronda Sabroukou le Kérite.

Amui-Ata calma le jeu de sa voix enchanteresse :

– Juste des suppositions, des bribes de données… des convictions. Ça ne suffirait pas. En revanche, nous devons faire plus attention à notre groupe qui perd des membres. D’un conseil de trente-six, nous ne sommes plus que treize. Même cette réunion peut être considérée comme de la haute trahison. Etre déclaré félon n’arrangera pas nos affaires, c’est sûr.

– Etre déclaré félon ? Pour quelles raisons ? s’étonna l’un des treize.

Olokun répondit :

– Pour conspirer contre l’empire et tenter de renverser le régime.

– De vouloir faire sécession. Il y a plein de raisons. Ils auraient l’embarras du choix, rajouta son frère de Védrona.

Sûr de lui, le souverain gris de Gabar déclara :

– Il ne se risquerait pas à une guerre interne. Cela le priverait pendant des décennies voire des siècles des rentes vassales de nos planètes.

Olokun secoua la tête, désespéré par l’ignorance de son interlocuteur. Il s’adressa à tous :

– Je pense que vous n’avez pas bien compris à quoi peut servir de militariser les obédients mécaniques. Attaquer et réduire en miette les Anunnakis : oui, pour un certain temps. Mais pas uniquement. L’empereur lui-même ne le sait pas encore. Mais Njeddo Dewal sait que ce sera la seule manière de défaire nos armées quand le moment sera venu. L’empereur acceptera sans sourciller car plutôt qu’avoir nos rentes, négocier et écouter la voie de la raison, avoir le contrôle direct de nos richesses sera bien plus avantageux.  Combattre sur deux fronts avec les milles milliards d’obédients à ses côtés ne l’effraiera pas.

Le même souverain s’écria :

– Il faut renvoyer nos obédients ou les désactiver avant qu’il ne soit trop tard !

– Trop suspicieux, renchérit Olokun. On nous demandera des comptes. N’oubliez jamais, Njeddo Dewal guette tous nos faits et gestes. L’empereur boit ses conseils comme de la liqueur d’immortalité. Nous devons manœuvrer avec discrétion sans attirer l’attention sur nous.

– Et ce n’est pas le seul à boire ses paroles. Les 8 autres des Neuf aussi, ainsi que la majorité des membres du conseil martial, appuya son autre frère.

La voix de l’Otrokien ronronna :

– En parlant des Neuf, savons-nous enfin ce qu’est le protocole des Neuf. Qu’est-ce qu’ils mijotent en secret ?

– Là-dessus, nous sommes toujours dans l’ignorance totale sur ce mystérieux protocole malgré nos espions. Officiellement, il n’existe même pas. Nous savons que les motions font partie intégrante de leur grand dessein. Mais pourquoi font-ils cela ? Dans quel but ? Nous l’ignorons, avait répondu Olokun. Et quelque chose me dit que ce n’est sûrement pas pour sauver l’empire.

Le Lielosien avait pris la parole pour la première fois :

– Oui, ils profitent de cette guerre qui dure maintenant depuis mille ans pour mener à bien un projet.

– Et ça fait mille ans que nous ne savons rien ! trancha Ras Ogun.

L’Otrokien poursuivit :

– Savons-nous enfin le contenu des deux autres motions à venir ?

– La première à en croire mes sources serait d’avoir recours à une arme biologique pour décimer les Anunnakis. Un virus terrible qui est en cours de développement. Encore une arme qui pourrait se retourner contre nous. La seconde serait d’avoir tout simplement recours… aux Regalia.

Olokun l’avait su car l’impératrice le lui avait révélé quelques jours après le vote de la première motion. Une vague d’effroi imperceptible avait balayé la pièce. On pouvait lire sur les lèvres des souverains : les Regalia. Ses deux frères s’insurgèrent :

– Aussi longtemps que nous serons en vie, cette motion ne passera jamais !

– Sauf si nous sommes tous les trois déclarés félons, auquel cas nos voix passeront à l’unique représentante de notre lignée : notre cousine. Elle a beau être de notre sang, elle restera fidèle à son trône et à son époux.

– N’en soyons pas si sûr, avait soufflé Olokun.

L’ainé assura :

– Quand bien même ! Pour obtenir les cinq Regalia, il leur faut cinq clés… Notre famille est garante de l’une d’elles. En tant qu’ainé, je suis le seul à savoir où elle se trouve. Et je préfère mourir en emportant avec moi le secret de sa cachette.

– Soit, mon cher seigneur. C’est une déclaration bien noble que j’entends là. Cependant, n’engagez pas nos vies et celles de nos peuples dans votre bravoure qui peut parfois s’avérer inutile dans certaines situations…, avait rétorqué Sabroukou d’un ton sec.

Le prince de Védrona voulu riposter mais son sage frère l’en dissuada d’un geste discret. Il donna la parole à Eabani qui semblait avoir à dire quelque chose de capital.

–  En ce qui concerne les obédients mécaniques, j’ai peut-être une solution…

Tous le regardaient avec avidité, attendant qu’il dispense sa bonne parole.

– Parle singe volubile ! gronda le Kérites, ce qui, vu le personnage, est ironique, vous me l’accorderez.

L’Otrokien ne releva pas et poursuivit :

– Nous ne savons pas d’où ils viennent, n’est-ce pas. Mais les abstracteurs de quintessence sont suffisamment anciens pour le savoir, eux. Il n’est pas impossible de croire qu’ils auraient la solution pour les empêcher d’agir contre nous.

Le souverain gris dit aussitôt :

– L’idée n’est pas saugrenue. Mais… tous sont portés disparus. Il n’en reste aucun nulle part, aucune archive. Et ceux depuis plus d’un million d’année.

Eabani regardait tour à tour les trois Orixans comme s’il s’attendait à qu’ils disent quelque chose de plus pour soutenir sa thèse.

La douce voix enchanteresse de la sirène brisa ce manège :

– Je vois que vous savez comment nous sauver. Ne nous faites plus attendre…

Le prince régisseur de Gahinore se redressa et répondit :

– Nous sauver ? Non. Mais notre situation n’est pas aussi désespérée que nous le pensions. L’empire des Livres, vous connaissez ?

Aucun ne réagit sauf Eabani qui croisa ses paires de bras, satisfait.

– L’empire des Livres est l’archive des abstracteurs de quintessence… d’après la légende.

– Vous comptez nous faire espérer avec une légende ?

– Oh, mais les légendes Orixanes sont toujours emprunts d’espérance salvatrice, mon cher roi Sabroukou. Celle-ci ne déroge pas à la règle.

– Et où se trouvent ces archives ?

– Mon cher, dès que je le sais, je vous le dis. Mais Eabani n’a pas tort. Si nous la trouvons, nous aurons beaucoup de soucis en moins.

SEUL SUR MARS (THE MARTIAN)

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Après Robinson Crusoé sur Mars (1964), Planète Rouge et Mission to Mars (2000) et j’en passe, la planète rouge, notre voisine, ne cesse de fasciner les auteurs et les cinéastes. Dernier né en date: Seul sur Mars réalisé par l’inimitable Ridley Scott (Alien) et basé sur le roman d’Andy Weir.

Qu’est-ce que j’ai aimé? Quasiment tout. C’est de la SF réaliste qui pourrait vraiment se réaliser d’ici quelques années. On a tous les ingrédients de la pré-colonisation martiale:

  • le vol habité sur plusieurs mois
  • l’agriculture en dehors de la Terre
  • l’utilisation des robots et autres engins laissés lors des précédentes mission
  • l’intervention de la Chine, puissance spatiale montante

Et bien-sûr, comme les américains savent si bien le faire, l’art de la mise en scène, les photographies splendides. On se met à la place de Matt Damon et on se met parfois à croire que nous sommes en direct (en tout cas, moi, j’y ai parfois cru – je suis bon spectateur -).

La morale de cette histoire: je ne serai pas parmi les premiers colons de cette planète, je préfère l’imaginer les pieds sur ma bonne vieille Terre.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19555821&cfilm=221524.html 

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CHAPITRE 3: LE SIGNAL ENIGMA

Le vieil homme dans l’embrasure ouvrit plus grand le battant des portes en chênes. En dépit de son apparence très âgée, il était fringuant et tout pétillant. Il était difficile de croire qu’il allait bientôt partir définitivement.

– Si vous voulez bien vous donnez la peine…

Il fit un geste à la jeune femme asiatique et aux autres pour les inviter à entrer. Ils s’exécutèrent tous comme un seul homme. Ils traversèrent une antichambre, qui ressemblait plus à un large couloir, avant de découvrir la fameuse salle des rendez-vous. Une salle vaste et lumineuse, de décoration victorienne, percée d’une large baie vitrée qui donnait sur un parc boisé et à travers laquelle filtrait la lumière du soleil des fins d’après-midi. Il y avait des tableaux, une table sculptée, un divan, des chaises et quelques fauteuils.

Le vieillard n’était pas seul, ses deux fils et sa fille étaient présents. Il se dirigea vers son siège, aidé d’une canne à pommeau et s’assit ; tandis que ses enfants plaçaient la journaliste et son acolyte. Quant aux autres, ils commençaient à installer leurs appareils sophistiqués d’enregistrement sensoriel  un peu partout dans la pièce. Ils flottaient dans les airs sans bruit.

– Je vous prie d’excuser mon majordome, c’est un androïde quelque peu pointilleux, très à cheval sur les horaires, mais il est très gentil. Vous avez près de 20 minutes de retard et je suppose qu’il était passablement agacé… vous étiez sûrement en train d’aider nos écureuils pour l’hiver qui vient.

Il y avait quelque chose d’irréel et de malicieux dans sa voix.

– Un androïde, j’aurai dû m’en douter, pensait-elle.

Puis elle dit à haute voix :

– Toutes nos excuses à votre encontre, monsieur l’ambassadeur, des problèmes techniques, je suis confuse.

Elle jeta un regard noir aux techniciens et s’avança en tendant sa main que le vieil homme serra chaleureusement.

– Je vous en prie…, ex-ambassadeur. Je ne suis maintenant qu’un homme au crépuscule de sa vie. Nous allons rester un bon moment ensemble alors appelez-moi juste Jacques.

– C’est entendu, Jacques. Je suis Sonja Kosan, reporter de Planète, c’est moi qui ai été en relation avec votre agent de communication. Vous pouvez m’appelez Sonja. Et voici mon collègue Aldric Mazart, en présentant le jeune homme brun.

– Monsieur Jacques, c’est un honneur de vous rencontrer. Balbutiait-il.

– Mais enfin Aldric, si je peux me permettre de vous appeler par votre prénom ; ne faites pas tant de cérémonie, je souhaiterais que vous m’appeliez juste Jacques.

Ce dernier acquiesça, visiblement ému de serrer la main de cet homme. Il répéta juste poliment « Jacques ».

Puis, s’adressant à l’assistance :

– Mais asseyez-vous, prenez place, prenez place… Par quoi commençons-nous ?

Tout en s’asseyant, elle sortit d’une sacoche en cuir bleu marine une tablette tactile 3D dernier cri. Elle déclara :

– Oh monsieur, enfin Jacques, c’est réellement un honneur de vous rencontrer vous êtes une figure historique des Deux-Mondes. Nous faisons un documentaire, comme vous le savez peut-être, sur cette période charnière de notre Histoire. Et nous savons que, pour l’avoir vécu vous-même et pour avoir eu un rôle déterminant dans les changements de notre planète, vous êtes la personne la plus indiquée, la mieux placée pour nous raconter ce qui s’est passé ; nous donner des détails qui n’entrent pas forcément dans les livres d’Histoire mais restent tout de même des anecdotes précieuses pour comprendre l’état d’esprit de l’époque, des gens.

– Oui, tout à fait, je sais pourquoi vous êtes là. C’était mon idée.

Il dévia son regard vers les personnes vêtues en noir et blanc qui terminaient d’installer leurs appareils en les connectant en réseau :

– Mais servez-vous, servez-vous, il y a à boire pour toutes les gorges sèches, là-bas.

Il indiquait une porte dissimulée. Il interpella un homme d’une cinquantaine d’années, qui en paraissait vingt-cinq. Mais il était presqu’aussi maigre que lui :

– Vous, jeune homme ! Allez prendre un remontant pour vous regonfler un peu ! Vous semblez tout lyophilisé ! Les jeunes, je vous jure…

Il se recentra sur Sonja. Il leva les yeux au ciel, fouillant dans sa mémoire et mit l’index sur la commissure de ses lèvres. Cela lui donnait un petit air d’enfant cabotin qui contrastait avec son grand âge. Puis il commença, chacun suspendu aux mots sortant de sa bouche.

– Laissez-moi me rappeler le début exact de cette odyssée… Oui,… c’était il y a 350 ans de cela exactement, 18 ans après ma naissance. L’ancien radiotélescope d’Arecibo à Porto-Rico avait reçu le signal. Un signal radio de 72 heures émanant du vide intersidéral. Il changea à jamais et irrémédiablement l’Humanité et son Histoire. Ironiquement, ce grand événement avait eu lieu le dimanche 1er  avril en 2001. Nombreux, parmi les grands médias, ne relayèrent l’information que le lendemain. Mais de toute évidence, comme vous vous en doutez, et compte tenu de la nature de l’information, tout le monde, y compris moi-même, n’y avons pas cru. Nous pensions que c’était un canular du 1er Avril ; que c’était pour faire le « buzz ».

Pendant qu’il parlait, il avait saisi à bout de bras un dossier sur la table sculptée. Il en retira un vieux papier jauni qui était sous plastique et le tendit à Aldric. Voici un extrait d’une ancienne dépêche écrite de l’Agence Française de Presse qui relate ce que mes contemporains ont appelé pendant plusieurs années le signal Enigma. Lisez-le à haute voix pour tous nos amis, s’il vous plaît, je n’ai plus une très bonne vue.

Aldric s’exécuta :

« Depuis ce matin à 11H56, heure universelle, le plus grand radiotélescope du monde, à Arecibo, Porto-Rico, capte un signal radio non cyclique, non-répétitif et non-aléatoire de provenance inconnue mais extérieur à la Terre. Il pourrait s’agir du premier signal extra-terrestre qui prouverait clairement l’existence d’une vie intelligente ailleurs que sur notre bonne vieille planète. »

Jacques reprit aussitôt :

– Et c’est peu dire ! Les médias de par le monde ne parlèrent bientôt plus que de cela. Une surmédiatisation selon certains mais qui a marqué les esprits. Les experts scientifiques multipliaient les déclarations et les conférences. Ils ne pouvaient laisser échapper leur excitation quant à la quasi-certitude de l’existence d’une vie intelligente extraterrestre capable d’émettre un signal radio.

Sonja, se sentant un peu mise à l’écart de ne pas avoir eu le précieux papier à lire entre les mains, intervint en posant une question, avec tout son sérieux et tout son professionnalisme :

– Vous rappelez-vous de la première conférence officielle ?

– Oui, en effet. Cette conférence était très attendue. Elle a eu lieu quinze jours plus tard. Je n’ai vu que la retransmission au journal de 20 heures, parce qu’elle avait eu lieu aux Etats-Unis. Elle était organisée par le SETI, le programme de recherche d’une intelligence extraterrestre. Ils avaient alors déclaré que le signal Enigma était un signal de forte puissance que l’on pouvait comparer à un laser. Il avait duré près de 72 heures et avait été confirmé par le radiotélescope interféromètre californien ATA le jour même et celui de Burbank en Virginie. Puis le lendemain, par les radiotélescopes européens. Ceux de l’institut Max Planck en Allemagne et de Nançay en France… et celui de Jodrell Bank en Angleterre, il me semble.

Sonja l’interrompit. Elle voulait éviter la monotonie d’un monologue, même si cela serait gommé au montage. Sa tablette en main, et la manipulant avec un doigté d’experte, elle lui suggéra :

– Je souhaiterais, Jacques, vous montrer un extrait de cette conférence et que vous me racontiez votre ressenti par rapport à tout cela. Ne vous en faites pas, la traduction vocale est intégrée.

Elle tapotait frénétiquement sur l’écran. Des images semblaient bondir à sa surface. Puis son pouce et son index en forme de pince extirpèrent une petite boule de lumière hors de la tablette, qu’elle jeta devant elle. Une vidéo holographique en émergea : au beau milieu de la salle des rendez-vous, se tenait un homme d’une quarantaine d’années, barbu, des lunettes rondes, simplement vêtu, le visage émacié et fatigué mais clairement excité par la caféine et par ce qu’il était en train de déclarer. Il gesticulait derrière un pupitre de conférencier :

« Nous sommes certains, vu la puissance phénoménale du faisceau de l’onde radio et sa configuration, que le signal Enigma a été émis intentionnellement. Nous confirmons qu’il s’agit bel et bien d’un signal non-humain, qui ne provient d’aucun de nos satellites ou de nos sondes spatiales, ni d’un quelconque objet naturel de l’univers. Nous confirmons, avec certitude, que ce signal est d’origine intelligente et extraterrestre ! »

A cette annonce, on pouvait entendre la réaction bruyante de l’assemblée de la conférence. On ne pouvait que la deviner car elle n’était pas projetée. L’homme reprit :

« Aujourd’hui, nous sommes malheureusement incapables de décrypter et de connaître le contenu des informations transmises, ni l’origine du signal. Et ce, en dépit de son apparente simplicité, assimilable à un code binaire informatique classique. Le signal Enigma est en réalité très complexe et surtout très lourd. A la minute où je vous parle, des experts du monde entier planchent sur ce problème fascinant. Mais la masse des données transmises dépasse largement les capacités d’analyse des ordinateurs du SETI et ceux mis à notre disposition. C’est pourquoi, nous invitons la population du monde, tous ceux qui ont un ordinateur, à participer en téléchargeant gratuitement sur notre site le logiciel SETI@home, afin que nous puissions trouver ensemble, ce que les petits hommes verts ont à nous dire. »

La vidéo se coupa comme un arrêt sur image et s’évanouit dans les airs en des millions de voxels. Jacques se redressait de son fauteuil et enchaîna aussitôt, il eut un ricanement singulier :

– Ecoutez, je revois cela maintenant depuis longtemps mais c’est comme si c’était hier. Contrairement à ce qu’a dit ce monsieur, ce signal n’avait absolument rien de martien. Je vous dis cela, parce que beaucoup l’avait cru quand il avait dit : « petits hommes verts ». Un quotidien très en vogue avait titré sa couverture : « Mars nous attaque ! ».

Il prit une pose et devint étrangement sérieux, il avait alors une attitude de politicien très concerné et paternaliste :

– Cette déclaration choc avait ébranlé, toutefois, les certitudes de notre civilisation. Les débats infructueux et stériles, parfois houleux que ce soit dans les médias ou dans la vie personnelle, s’intensifiaient. Même les religions y avaient pris part.

On se demandait si nous avions bien fait de mettre dans les célèbres sondes spatiales des programmes Voyager et Pioneer autant d’informations sur l’humanité. Si nous n’allions pas être envahis et exterminés. Tout simplement, est-ce que finalement, le fait que la vie existe ailleurs, est-ce que certaines religions étaient vraiment légitimes. On pouvait entendre vraiment tout et n’importe quoi, de la théorie du complot aux témoignages d’enlèvement douteux.

On aurait pu penser que le fait de ne plus se savoir seul dans l’univers aurait uni les Hommes dans un même objectif ; que ce fait nous aurait unis dans un élan de paix et d’union face à ce qui aurait pu nous anéantir, un sursaut de fraternité entre tous les Hommes. Bien au contraire, les conflits, même dans nos vies personnelles, rendus absurdes par cet événement, n’avaient pas cessé. Ni même la quête effrénée de la croissance au mépris de l’environnement. Même si pendant des mois, nous n’entendions plus parler de guerres, d’assassinats, d’attentats, de catastrophes naturelles ni de faits divers malheureux. Ces faits existaient toujours. Mais l’encre ne coulait que pour le signal Enigma et occultait tout le reste. Certains dictateurs de l’époque en avaient bien profité…

– Est-ce que nous pouvons revenir sur ce logiciel SETI@home. Il a eu une grande importance, n’est-ce pas ? L’avez-vous téléchargé vous-même ? Coupa la journaliste-reporter clairement à l’aise dans son exercice.

– Ce logiciel a été le plus téléchargé au monde. Plus des trois-quarts des foyers reliés à l’internet avaient contribué à cet élan d’effort international ! Et pour répondre à votre question, je faisais moi-même partie des trois-quarts ! J’étais enthousiaste comme tous les autres, curieux, inquiet, impatient, tout cela à la fois. Par la suite, j’ai participé à bien plus, mais nous y reviendrons.

Il changea de position dans son fauteuil et eut l’air d’hésiter. Il lâcha finalement, d’une voix lente et basse, presque comme s’il voulait chuchoter :

– Je vais vous apprendre une chose. Je ne l’ai apprise que bien plus tard en tant que diplomate des Deux-Mondes, ou même avant, je ne me souviens plus.

Les oreilles de l’auditoire s’étaient dressées. Les yeux de Sonja et d’Aldric brillaient.

– L’année d’après, les experts s’étaient rendu compte que transmettre les données du signal Enigma par internet dans le monde entier grâce à ce logiciel avait été une grave erreur. (Il prit une longue pose de suspens). Les gouvernements, affolés et craignant la réaction du public, leur avaient imposé le secret sur ce qui était en train de se passer dans les systèmes informatiques. Les données binaires indéchiffrables du signal s’étaient mises à se comporter de manière étrange dans le bruit de fond de la toile. Elles n’avaient ni les caractéristiques d’un vers ou d’un virus informatique, ni d’un cheval de Troie, mais y ressemblaient farouchement. Elles se propageaient dans tous les systèmes informatiques à partir de ceux qui étaient doté du célèbre logiciel. Elles n’avaient pas épargné les sites gouvernementaux, même ceux isolé de l’internet, ou ceux avec les pare-feu les plus sophistiqués, pourtant les plus sûrs et les plus sécurisés. Elles semblaient copier toutes les données disponibles, sans distinction aucune. Ils ont appelé cela « bactérie informatique » pour le distinguer des virus et autres avatars malfaisants des systèmes informatiques. L’armée américaine s’était rendu compte la première du problème lorsqu’elle avait réalisé que toutes leurs armes nucléaires avaient été rendu inutilisables. Etait-ce pour nous empêcher de faire face à une offensive extérieure ? Ou plutôt retourner nos propres armes de destruction massives contre nous-même ? Quoi qu’il en soit, le monde n’a jamais su, qu’à ce moment-là, la donne géopolitique avait radicalement changé.

L’auditoire était captivé. Il poursuivait sa narration :

– Malicieuses, elles empêchaient toutes tentatives d’être étudiées. Il était donc impossible de les stopper ou de les éliminer. Elles ne posèrent cependant aucun autre désagrément, n’altéraient pas les performances et le fonctionnement normal des ordinateurs. Elles passaient tout simplement inaperçues aux yeux des non-initiés. Elles ne semblaient être qu’un fantôme dans le système.

L’ancien diplomate soupira en repensant à tous ses souvenirs lointains qui se bousculaient et ré-émergeaient de sa mémoire. Il se disait que c’était incroyable d’avoir, à 368 ans, un esprit aussi vif qu’à ses 18 ans. Bien sûr, il avait le corps d’un homme de 95 ans, mais c’est comme s’il se sentait près à revivre physiquement toutes ses années tumultueuses qui avaient déterminé l’avenir de toute la planète.

Il répéta lentement, le regard tourné vers la baie vitrée, perdu dans l’horizon qui s’était fortement assombri :

– Elle ne semblait être qu’un fantôme dans le système…

Dans sa tête, il ne pensait pas aux données quand il disait « elle » mais bien à autre chose. Il se ressaisit soudain, sentant les paires d’yeux attentifs à ses faits et gestes :

– Excusez-moi, je sais qu’il est tôt, je pense que je manque à tous mes devoirs. Nous sommes à l’heure anglaise sur cette île ; et pour mon estomac, il est déjà l’heure de passer à table. Vous êtes tous conviés à venir diner avec moi, et je peux vous assurer que ce repas sera bien français.

Il se levait, aidé de sa canne. Levant les bras en l’air, il enjoignait le reste de la pièce à se lever aussi et à le suivre. Arrivant à la hauteur de l’homme qu’il avait interpellé pour qu’il aille boire, il lui dit d’un air taquin :

– Vous m’avez l’air encore un peu trop sec. Ne vous en faites pas, après ce repas, vous aurez l’air d’un ballon de baudruche.

L’homme ne savait pas s’il devait être vexé ou flatté de cette attention toute particulière venant d’un homme aussi admiré. Il lui répondit juste par un sourire poli.

Sonja était satisfaite de ce premier entretien, mais elle aurait voulu le continuer car il était bien lancé. C’est comme s’il avait su, parce qu’il lui avait jeté un regard plein de gentillesse :

– Ne vous en faites pas, Sonja, nous reprendrons là où nous nous sommes arrêtés, mais dans la salle des fêtes. Rien de mieux que d’avoir le ventre bien plein, pour conter une histoire extraordinaire.


Le crépuscule descendait rapidement sur l’horizon, comme partout ailleurs sous les basses latitudes. La grand-mère balayait avec beaucoup de zèle un petit carré de la grande cour tout en surveillant ses petits enfants qui s’amusaient.

Les femmes terminaient de gratter et laver les marmites, les hommes sur la terrasse formaient un groupe de discussion dont le sujet semblait extrêmement sérieux. Elle se disait en elle-même que la vie loin des facilités technologiques de la grande ville leur faisait un bien fou.

Se redressant pour craquer son vieux dos, elle leva les yeux pour scruter avec attention le ciel, comme pour y déceler un défaut puis interpella des gosses plus âgés très occupés autour d’un lézard apeuré et sans queue.

– Laissez cette pauvre bête en paix ! Et allez me cherchez du bois plutôt…, c’est l’heure.

Sa voix était chevrotante mais chaleureuse et forte malgré son grand âge.

– Et vous mes tout petits, venez là, venez tous que je vous raconte la grande histoire.

Elle appuya son balai contre un muret tout près et alla au milieu de la cour.

Elle fut bientôt rejointe par les enfants, les plus jeunes et les moins jeunes et même les adultes qui accouraient de tous côtés pour former autour d’elle un demi-cercle.

Assise sur un petit tabouret devant un tas de bois et d’herbe sèche, elle gratta une allumette et y mis le feu. Elle eut l’air de réfléchir et se leva furtivement pour resserrer son pagne. En réalité, elle avait récupéré d’un pli de son habit une petite bourse remplie d’une poudre violette.

La nuit claire était complètement tombée, les étoiles pointaient leur nez par milliers en une longue traînée qui était la voie lactée. Les grillons grésillaient bruyamment dans les touffes d’herbes hautes de la cour.

L’auditoire, impatient, se blottissait assis sur des nattes, fixant la vieille femme dont la voix était devenue subitement mystérieuse. Ses gestes étaient théâtraux et ses yeux exprimaient comme une douce folie. Ils rentrèrent dans une sorte de rituel. Le rituel qui précède toutes les histoires contées la nuit à la lueur des flammes :

– Est-ce que tout le monde est là tout près de moi? cria-t-elle.

– Oui, répondirent-ils tous en chœur.

– Est ce que tout le monde m’entend malgré le chant des grillons?

– Oui ! Oui ! Nous t’entendons !

– Est ce que tout le monde me voit à la lueur des flammes ?

– Oui ! Oui ! Nous te voyons !

– Oui ? Mais oui à qui donc ?

– Oui grand-maman !

– Et toi mon tout petit, s’adressant à ce minuscule garçon aux yeux immenses, est-ce que tu es là tout près de moi?

– Oui grand-maman, je suis là près de toi, je t’entends malgré les grillons et je te vois à la lueur des flammes…

– OUIIII ! reprirent-ils tous d’une même voix. Nous sommes là, nous t’entendons et nous te voyons !

– Bien ! Vos oreilles m’entendent et vos yeux me voient ! Et maintenant, que vos cœurs écoutent.

Elle put commencer dès lors :

« La grande histoire, je la tiens de ma grand-mère, une femme exceptionnelle tout comme moi. Elle me l’avait raconté il y a maintenant des années, de la même manière que je le fais à présent.

Elle la tenait également de sa grand-mère, une grande dame, paraît-il. C’est normal, c’est de famille. Et cette histoire se propage toujours ainsi, à travers les âges, depuis la nuit des temps.

Une grande Histoire, réelle, véridique, qui a débuté si ma mémoire ne me joue pas de tour, il y a plus de 73 500 années de cela.

Une aventure, une histoire des Hommes qui se passe bien avant le début de l’Histoire.

A une époque lointaine où les Anciens cohabitaient avec la Magie, qui cohabitaient elle-même avec les Sciences. Une époque reculée, où les Anciens cohabitaient avec d’autres espèces aussi intelligentes que la nôtre.

Mais hélas, comme vous pouvez vous en doutez, tout le monde ne pouvait vivre en totale harmonie. Mais tout de même il y avait un certain équilibre…, mais prêt à être rompu ».

Elle avait enchaîné ce bout de phrase avec une tonalité inquiétante.

« C’est la grande histoire, celle de l’empire le plus fabuleux que la terre ait jamais porté et de destins sans précédents à jamais oubliés.

Et maintenant, plongeons dans l’imaginaire et le rêve, mais aussi l’horreur… ».

Elle avait écarquillé les yeux et jeta, sur ces dernières paroles, une poignée de poudre violette dans le brasier qui se consuma en une multitude de gerbes de couleurs et de crépitements mélodieux…