Auri Sacra Fames de Yann-Cédric Agbodan-Aolio 

Une chronique d’une blogueuse littéraire qui a eu la gentillesse de chroniquer ma nouvelle « l’exécrable faim de l’or »

Et tu lis encore Emma

auri-sacra-fames-941699-264-432Fiche Technique :

Auto-édition – 64 pages – ebook ou broché – Fantastique / horreur

Résumé :

Auri Sacra Fames est une nouvelle fantastique horreur qui pourrait être l’autobiographie de nombreux écrivains, y compris l’auteur lui-même. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour atteindre notre but ? Pour la plupart d’entre nous, le prix de la célébrité, de la richesse et de la gloire ne va pas jusqu’aux sacrifices de son âme et de celle des autres. Là, le sacrifice conduit au pacte avec le diable. Le damné fluctue entre manifestations surnaturelles et état psychiatrique dont les frontières entre les deux deviennent minces.

pile-de-livres

Mon avis :

Tout d’abord, je remercie Yann-Cédric Agbodan-Aolio, l’auteur, de m’avoir confié sa nouvelle en service presse et pour sa confiance.

J’avoue avoir pris goût, depuis quelques temps aux nouvelles comme quoi tout arrive ! Et là le résumé m’a attiré irrémédiablement.. Un pacte avec le diable…

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X-MEN: APOCALYPSE

Juste un petit article avant d’aller au lit pour faire des rêves imaginaires à foison que j’oublierai presque entièrement au réveil:

Dans ma top liste des 4 films en saga (dans le désordre), il y a :

  • Harry Potter

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  • Le Seigneur des Anneaux

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  • Star Wars

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  • et bien entendu… les X-Men !

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Je peux les voir et les revoir sans me lasser, quasiment à l’infini et être toujours émerveillé.

Alors imaginez ma réaction lorsque j’ai vu le trailer du prochain X-Men… je vous laisse imaginer juste, il n’y aura pas de description 😉

Il est énorme, j’ai trop envie de le voir, de le vivre… je n’ai absolument rien d’autre à dire d’intéressant sur le sujet. C’est une vraie réaction de fan à froid ^^.

Pour jeter un oeil c’est par ici:

RDV le 18 mai 2016 (oui, c’est très loin !)

CHAPITRE 17: HEXAGON INDUSTRIES

Il était 9H15 du matin, heure locale. Peter était déjà dans le grand hall de l’hôtel qui se trouvait juste à côté de la mairie de Clay Hill. Il observait l’ennuyeux ballet coloré des va-et-vient des clients exubérants en jetant régulièrement un coup d’œil à sa montre : il attendait patiemment sa compagne de voyage depuis déjà une vingtaine de minutes. La veille, après avoir été accompagné de l’aéroport par Orsino Somboli, ce dernier leur avait précisé qu’une voiture les emmènerait à 9H30 au siège d’Hexagon Industries. Les locaux administratifs se trouvaient en périphérie de la ville. Et bien que la circulation dans Clay Hill ne soit jamais dense, il fallait bien une trentaine de minute pour s’y rendre sans avoir à se presser.

            Agnès arriva enfin comme une fleur dans une robe printanière et les cheveux relâchés sur les épaules. Son sourire radieux fit vite oublier à Peter son retard. D’autant plus qu’il ne l’avait pas attendu pour prendre son copieux petit-déjeuner. Elle ne s’en soucia même pas puisqu’elle avait l’habitude ne pas manger le matin. Peut-être prenait-elle parfois juste un café bien serré en arrivant à l’université. Et bien-sûr, quand elle recevait son frère Jacques chez elle, il la forçait presque systématiquement à prendre un bon repas le matin.

Après les salutations matinales d’usage, ils entreprirent tous les deux de sortirent du hall pour attendre la voiture à l’extérieur. Pour Peter se serait l’occasion d’allumer sa première cigarette depuis plus de vingt-quatre heures. Ils y allaient lorsqu’ils aperçurent Orsino qui franchissait les portes tambours automatiques. Agnès remarqua tout de suite son élégance et son charme naturel qui le démarquait nettement des inconnus qui allaient et venaient dans le hall. La veille, elle était trop fatiguée et trop impressionnée par la découverte de l’île Deslimbes pour avoir pu jauger l’élégant PDG. Peter salua Orsino en lui disant avec humour, bien qu’il y ait eu un véritable fond de vérité :

– Je suppose, cher monsieur Somboli, qu’aujourd’hui aussi nous pouvons faire une croix sur la limousine ?

– Absolument, répondit-il d’un air amusé. Mais vous verrez, ma voiture n’est pas mal non plus. Car il me semble que vous êtes un fondu de bolides…

Ils arrivèrent sur l’esplanade qui était bondée. Peter sortit son paquet dans laquelle il y avait une unique cigarette. Orsino l’arrêta net :

– Personne ne fume ici sur cette île. C’est formellement interdit.

– Vous plaisantez ? demanda Peter sous le choc.

Agnès était soulagée. Elle ne fumait pas et avait horreur de l’odeur du tabac.

– Non, non absolument pas. L’air pur de cette île doit être sauvegardé. Mais on vous donnera un comprimé à la visite médicale. Votre envie s’envolera définitivement. Beaucoup ont été dans votre cas en débarquant ici.

Puis, tendant la main, il lui dit avec un grand sourire :

– Donnez-moi votre paquet.

Peter le lui donna avec un petit pincement au cœur. Il n’essaya même pas de négocier, d’en savoir plus sur ce comprimé miracle. Il regardait en l’air, sans plus rien dire. Le ciel était bleu, sans nuage. Il faisait ni trop froid, ni trop chaud, mais il y avait une légère brise humide. Agnès regardait, elle, vers l’horizon et s’exclama :

– C’est incroyable, ces montagnes noires, je ne les avais pas remarqué hier soir.

– En fait, si. L’île est ceinturée par ces montagnes qui nous protègent du vent et des autres intempéries de l’océan. Ce sont les hautes falaises de granit noire que vous avez du apercevoir en arrivant hier par avion. En réalité, nous sommes dans l’une des plus vastes caldeiras au monde. Plus de 10 000 mètres carré. Les montagnes que vous voyez là sont les bords d’un supervolcan.

– Impressionnant mais ce n’est pas dangereux de vivre ici ? demanda Peter inquiet, soudain sorti de sa torpeur.

– Moins dangereux que de vivre à proximité de Yellowstone. Nous n’attendons pas d’éruption avant au moins le 5 avril 8115. Nos vulcanologues sont formels.  Presque toute l’énergie utilisée sur l’île vient directement ou indirectement de la chaleur résiduelle dégagée dans le sous-sol.

– Quelle précision de prévision ! Comment faites-vous ? J’ignorais que les éruptions volcaniques étaient prévisibles. Et surtout, comment vous faites pour cacher une île volcanique aussi grosse en plein milieu de l’Atlantique ? demanda Agnès, curieuse.

– Tout est prévisible sur cet île, ou presque. Nous disposons de technologies dont vous n’avez pas idée. Et en ce qui concerne la manière de cacher une île aussi vaste aux yeux du monde et des satellites, je préfère que les experts en la matière vous répondent eux-mêmes. C’est très complexe. Une technologie sophistiquée avec des occulteurs et des déflecteurs.

Agnès n’avait pas compris un traître mot. Mais elle prit soudain conscience que, contrairement à la veille, où l’esplanade était vide de monde, cette fois-ci, l’espace était bondé. Elle avait manqué de se faire bousculer. Il y avait des restaurants, des magasins, des gens avec leurs enfants, certains en amoureux, d’autres qui promenaient leurs chiens. Toutes ces personnes semblaient venir des quatre coins du monde. C’était un « melting pot ». Tout avait l’air presque normal, sauf qu’elle ne reconnaissait aucune enseigne, et bien évidemment les personnes présentes en majorité n’étaient pas habillées comme elle avait l’habitude de le voir. Ils étaient exactement comme ceux de l’aéroport, la veille. Agnès voulut poser une question à ce sujet quand un cri perçant traversa ses tympans. C’était Peter. Il avait failli s’étrangler quand ils se sont arrêtés devant une voiture de sport racée, rouge et noire:

– Hiiiiiiiiii ! Mais ce n’est quand même pas votre voiture, ça, vous rigolez !

Il sautait comme un gosse.

Orsino répondit fièrement en s’adressant à Agnès :

– Alors impressionnée ?

Mais c’est Peter qui continuait d’hurler :

– Si je suis impressionné ! Je veux la même ! Je vais m’évanouir dans la minute si je ne monte pas dans cette caisse !

– C’est une Ferrari quatre places spécialement construite et conçue pour moi. Elle fonctionne à l’hydrogène comme tous les véhicules sur roues ici. Même nos jets, se vantait-il.

Orsino sortit de sa poche un trousseau de clé relié à mini boitier ovoide. Il pressa dessus où il y avait une marque, et les quatre portières s’ouvrirent comme des ailes d’albatros qui se déploient. Peter ne laissa même pas le choix à Agnès de monter à l’arrière. Il s’assit confortablement sur le siège cuir avant, mit sa ceinture, les yeux brillants. Une voix féminine très avenante raisonna alors:

– Bonjour Orsino, où dois-je vous conduire ?

Il répondit à la voix machinalement :

– Au siège d’Hexagon Industries, Giulia. Oui, c’est son prénom… en s’adressant à Peter qui le regardait avec un regard ébahi plein d’interrogation. Je n’ai pas encore mon permis, c’est Giulia qui me sert de chauffeur personnel.

– Vous n’avez pas le permis ? Mais vous plaisantez ? demanda Peter.

Car, oui, aux Etats-Unis, il est de notoriété que presque tout le monde obtient son permis avant l’âge de 20 ans, mais en fait, il se moquait bien de la réponse, seul voiture du PDG lui importait. Quand elle démarra au quart de tour presque silencieusement, il se mit à hurler bien plus fort qu’il ne l’avait fait il y a quelques minutes :

– Je veux la même ! Il y a combien de chevaux dans ce moteur ?!

Avant même qu’Orsino ne puisse répondre, Agnès souffla agacée :

– Racontez-nous plutôt qui vous êtes, ce qu’est Hexagon Industries et surtout pourquoi nous sommes là. Et comment ça se fait qu’on ne se rappelle plus du contenu de votre CD depuis qu’on a débarqué sur cette île. On verra la puissance du moteur après, si tu le veux bien Peter, rajouta-t-elle sèchement.

L’intelligence artificielle tourna à une intersection pour emprunter une grande voie rapide. Elle doubla trois ou quatre voitures et appuya sur le champignon. Il racla sa gorge :

– Vous ne vous rappelez pas du contenu du CD tout simplement parce que vous avez été manipulé.

Il venait de lâcher une bombe mais cela n’avait pas l’air de le chagriner plus que ça. Par contre les deux compères étaient interloqués:

– Je vous demande pardon ! entonnèrent-ils en chœur.

– Le contenu du CD possède un verrou qui provoque comme une sorte de choc psychologique, reprit-il. Les personnes qui le visionnent sont tellement choquées qu’elles préfèrent oublier.

– Mais mon frère a regardé ce CD ! Je lui ai montré ! Nulle part c’était écrit « confidentiel » ou « à ne montrer à personne sous aucun prétexte » !!!

– Calmez-vous, il ne risque rien. Tout comme vous, il ne sait plus ce qu’il a vu. C’est tout.

Il avait pris un léger accent italien.

– Et en même temps, il me semble que l’homme qui vous a apporté le CD vous a prévenu que c’était confidentiel. Et un CD avec un mot de passe aurait dû vous mettre la puce à l’oreille.

Elle était abasourdie et en colère.

– Est-ce que ce sont des reproches ? Et puis pourquoi, sans même nous rappeler, on a accepté irrésistiblement ce travail ? Sans même savoir de quoi il s’agit, on se pointe dans cette île perdue au milieu de nulle part…

– Oh mais vous savez exactement pourquoi vous êtes ici. Vous avez accepté parce que c’est extraordinaire, dit-il.

– Quelle preuve a-t-on que c’est extraordinaire ? Je ne me rappelle même pas avoir négocié un salaire à six chiffres, coupa Peter sur le ton de la plaisanterie.

La voiture tourna encore à une intersection, prit un pont qui enjambait une longue crevasse profonde d’où s’échappait des vapeurs inquiétantes, et ralenti avant d’arriver à un poste de contrôle. S’étalait devant leurs yeux une forêt qui avait l’air impénétrable. Seule la large route tracée semblait pouvoir la traverser. Orsino montra patte blanche et la voiture pu poursuivre son chemin. Ni lui, ni Agnès n’avaient réagi à la plaisanterie du pauvre Peter qui n’avait pas réussi à désamorcer l’ambiance électrique.

– C’est grâce à un autre coup de pouce technologique, reprit-il. Pour vous persuader de la véracité de ce qu’on voulait vous montrer, une sorte de… (Il cherchait ses mots) message subliminal, on peut dire ça, a été glissé parmi les images. L’effet secondaire, eh bien, c’est que pour le moment votre libre-arbitre… vous en avez plus. En tout cas, uniquement en ce qui concerne les affaires d’Hexagon Industries, avait-il ajouté comme si cela allait adoucir la nouvelle. Vous voulez venir ici, vous voulez y rester. Et, plus vous êtes curieux de nature, plus l’effet est accentué.

– Je rêve… je rêve, je rêve. Je veux partir, mais je n’en ai même pas envie. Il y a de quoi devenir folle !

– Quand est-ce que ces effets se dissiperont ? Je ne vais pas devenir fêlé, j’espère, parce que j’ai des antécédents dans ma famille, demanda Peter.

– Et mon frère, il n’y a pas plus curieux ! Il va débarquer à la nage !!!

– Les effets s’annuleront avec le visionnage d’un autre CD à la visite médicale. Vous aurez alors le choix de rester ou de repartir à votre vie d’avant. Et aucun risque de folie, je vous le promets. Et quant à votre frère, je vous assure, il ne court aucun danger.

Le bolide émergea de l’autre côté de la forêt. Cette fois-ci, il y avait un immense complexe de bâtiment et d’entrepôts en verre, béton et acier qui formait comme des alvéoles. L’intelligence artificielle de la voiture se dirigea dans le parc pour se garer. Ils descendirent. L’atmosphère était toujours très tendue. Lorsque, pour ne rien arranger à la situation, une voix, qui parlait très lentement et distinctement en exagérant la prononciation des mots, se fit entendre :

– Monsieur, bonne arrivée. Les contrebandiers ont été repérés dans le sud de l’Argentine. Nous pensons qu’ils veulent appareiller pour l’Antarctique.

Agnès faillit pousser un cri d’effroi au son de sa voix. Elle la reconnaissait. Cette manière d’articuler exagérément, le timbre, tout. C’était celle de l’homme au mouchoir blanc qui avait déposé le CD dans son bureau. Orsino leva les yeux au ciel comme s’il demandait de l’aide de la divine providence.

– Oh docteur Strofimenkov, je suis ravi de vous revoir ! Sa bouche se fendit en un étrange sourire. Docteur Silverstein, je n’ai pas eu l’honneur de vous rencontrer plus tôt.

Agnès ne bougea pas mais grommela:

– Eh bien, j’aurai bien voulu avoir la même chance…

Peter tendit sa main pour saluer l’androïde qui répondit aussitôt :

– Je ne sers jamais les mains. Je vois tous les animalcules qui vivent dessus. Ça me répugne.

– Ah, je comprends. J’ai un cousin comme ça. Petit, on passait tous les étés ensemble à Saint Louis. C’est marrant, il vous ressemble un peu. On se salue comme ça tous les deux.

Il lui fit le signe de Spock de Star Strek.

La bouche de Gasper se fendilla encore plus. Il semblait très content. Il lui rendit son signe.

– Vous êtes sympathique Docteur Silverstein.

– Gasper, est-ce qu’on peut se voir tous les deux cinq secondes avant que je fasse la journée d’intégration à nos deux nouveaux arrivants ?

– Bien-sûr Monsieur. Est-ce que j’ai le temps de dire bonjour à Giulia ?

– Absolument pas !

Tous les deux se mirent donc à l’écart, et Orsino lui expliqua :

– Le docteur Strofimenkov a montré le contenu du CD à son frère. Il l’a vu plus tôt que prévu, certes, mais ce n’est pas une si mauvaise chose que cela. Vous devez vous en occupez rapidement. Je ferai ce que j’ai à faire de mon côté. Le timing devra être parfait si nous ne voulons pas tout perdre. Vous savez ce que vous avez à faire ?

– Oui, Monsieur. Si je dois absolument y aller, j’y vais. Si vous êtes sûr que je suis apte.

– J’ai une confiance absolue en vous. Bien, allez-y maintenant, c’est très urgent.

– Je cours, Monsieur.

– Attendez. Je vous ai déjà demandé de ne pas me donner ce genre de renseignement quand je ne suis pas seul… vous savez, les contrebandiers. Vous avez déjà oublié ?

– J’essaye de ne pas être parfait, monsieur, comme les humains.

Orsino secouait la tête, surpris par cette réponse. Gasper s’éloigna alors et le PDG revint avec un sourire faux :

– Une sombre histoire de contrebande. Je vous expliquerai le moment venu. Où en étions-nous ?

– Vous disiez que mon frère ne courrait aucun danger, répondit-elle toujours aussi furieuse.

– Et qu’on ne risquait pas de devenir cinglé, rajouta Peter.

– Exact. Suivez-moi plutôt, votre avenir vous attend là-bas. Vous saurez, enfin.

Agnès jeta un regard à son compère. Elle lui dit tout bas mais suffisamment fort pour qu’Orsino entende :

– J’ai l’impression que ça fait cent fois qu’il nous assure que l’on va tout savoir, mais que nous n’en savons toujours pas plus. Il nous balade.

Peter lui répondit :

– Nous n’avons pas le choix de le suivre apparemment.

Orsino avait bien-sûr tout entendu et cela l’avait visiblement blessé. Il s’arrêta et se tourna face à eux d’un air grave mais sincère :

– Je ne vous ai pas tout à fait dit la vérité hier soir quand vous m’avez demandé si j’accueillais moi-même toutes nos nouvelles recrues.

– Nous ne sommes pas les derniers ? demanda Peter.

– Vous êtes bel et bien les derniers, mais vous êtes particuliers. Mais disons que c’est une histoire de famille…

– Une histoire de famille ? Expliquez-vous ! Gronda Agnès.

– Nos parents se connaissaient et ont collaboré par le passé dans cette même entreprise… Ils y ont laissé leur vie.

– Vous savez quelques choses sur la mort de mes parents ? demanda Agnès incrédule.

– Comment pourriez-vous connaître les circonstances de leur mort ??? Renchérit Peter.

– Je veux dire qu’ils ont consacré leur vie à cette entreprise et à son but… Agnès, vos parents travaillaient sur le moyen d’améliorer les capacités physiques humaines sans modifier le génome, sans donner de substances, sans avoir recours à des prothèses technologiques. Ils vous ont poussé dans la voie de la recherche biologique dans l’espoir qu’un jour vous repreniez leurs travaux. Votre héritage vous attend dans ces bâtiments. C’est pareil pour vous Peter. Votre père était également physicien, mais pas nucléaire. C’était un éminent mathématicien et un grand théoricien. Il nous a beaucoup aidés à comprendre les voyages à travers les dimensions. Ils voulaient que vous repreniez également le flambeau. Toutes ses notes sont dans votre bureau dans l’un de ses bâtiments. Vous voulez en savoir plus sur eux, sur vous-même, suivez-moi. Vous pourrez retourner à vos vies, je vous le promets.

Ils se regardèrent quelques secondes et Peter finit par détendre l’atmosphère :

– On s’appelle par nos prénoms maintenant alors, Orsino ?

– Ce serait souhaitable. Nous sommes presque des amis de famille.

Agnès desserra le visage.

– Allons-y, dit-elle.

– Dites-moi, Orsino, vous avez bien dit « voyages à travers les dimensions » ?

Orsino lui fit un large sourire en guise de réponse.

Depuis longtemps, Ils eurent l’impression d’avoir eu le choix, même si ce n’était pas vrai. Mais une fois le CD de déconditionnement visionné à la visite médicale, ils recouvrirent leur libre-arbitre et décidèrent tous deux de rester.

Effectivement, ce qu’Hexagon Industries faisait était extraordinaire. Ce que cela impliquait pour l’avenir de l’humanité aussi. Ils apprirent presque tout ce qu’ils voulaient savoir et ils en étaient subjugués. Hexagon Industries voulait inverser le réchauffement climatique, mettre fin aux crises sanitaires en supprimant les maladies, même les plus terribles, ensemencer les déserts, préserver la nature, permettre à l’humanité de conquérir d’autres mondes en leur offrant des sources inépuisables d’énergie…Mais le plus improbable, surtout, c’est qu’ils en avaient les moyens technologiques et financiers. Quant aux moyens politiques de les appliquer, cela aurait été surement une autre paire de manche. Ils ne surent rien sur cet aspect de la question et les réponses qu’on leur donnait restaient très vagues, comme un « vous le saurez bien assez tôt ».

On leur offrit aussi, ce qu’ils acceptèrent sans condition ou presque, de diriger des départements. A la joie de Peter, son salaire était à la hauteur de ses espérances et exonéré des impôts. Et ils choisirent tous deux sur catalogue l’emplacement de leur résidence principale et secondaire sur l’île. Ils reçurent avant même de signer les contrats de confidentialité, leurs clés. A la fin de la journée, Orsino Somboli leur avait dit :

– Ce monde est comme un rêve, mais souvenez-vous, tout est explicable.