CHAPITRE 12: UN MYSTÉRIEUX COLIS

« Il est 10H45… Il est 10H45… Il est 10H45… »

Les rayons du soleil filtraient à travers les volets de la chambre. Agnès émergea la tête hors du drap. Son bras cherchait à tâtons le réveil parlant qu’elle avait assommé déjà à 5 reprises pour retarder l’heure du lever.

« Drrrriiiinnng !!! Drrrriiiinnng !!! » C’était l’interphone qui s’y mettait à présent.

– Mais ce n’est pas vrai, qui peut bien venir un dimanche matin ! marmonna-t-elle.

Comme la sonnerie ne retentit pas une seconde fois, elle commençait à se rendormir. Quand soudain, on toqua à la porte de sa chambre.

Agnès résigné de ne pouvoir continuer de dormir se redressa. Elle appuya sur son réveil parlant afin qu’il ne la rappelle pas une fois encore à l’ordre dans quinze minutes.

– Oui, Jacques ? Qu’est-ce qu’il y a ?

Sa voix était caverneuse. La nuit passée, elle s’était endormie difficilement à 4H30 passé suite à l’appel étonnant d’Orsino Somboli, le PDG d’Hexagon Industries. En attendant que Morphée ne daigne la porter dans ses bras, elle avait cherché en vain sur internet des informations sur son interlocuteur et sur la société qu’il dirigeait.

– Il y a un coursier qui t’apporte un paquet…

– Un dimanche ?

– Oui, je sais c’est bizarre. Il y a un hexagone sur le paquet. Tu as dû commander quelque chose sur internet, non ?

Quand il avait prononcé le mot « hexagone », elle avait bondit hors de son lit, s’était précipité vers la porte pour l’ouvrir et aller dans le couloir.

– Où est le coursier ?!

– Dans le couloir. Mais qu’est-ce qui se passe ? C’est important ?

– Tu n’as pas idée à quel point ! Quelques secondes plus tard elle s’écria : Jacques !!! Il n’y a personne dans le couloir de l’entrée.

Son frère la talonnait.

– Il était là pourtant. Il a refusé que je signe à ta place. Regarde ton paquet est là, par terre.

Sur le sol, un gros pavé en carton jaune attendait. Il était étiqueté au nom du « Dr Agnès Strofimenkov » sur un fond bleu clair avec un logo hexagonal qui ornait l’inscription :

HEXAGON INDUSTRIES

– Cours vite voir à la fenêtre si tu le vois !

Il alla voir pendant qu’elle vérifiait dans la cage d’escalier. Il n’y avait personne nulle part. Même la rue était déserte.

– Tu m’expliques pendant que je fais le petit-déj ?

Il retournait dans la cuisine. Elle avait à peine remarqué la légère odeur d’œufs brouillés qui flottait dans l’air. Elle souleva le carton qui était plus léger qu’il en avait l’air.  Elle le portait pour le poser sur la table de la salle à manger.

– Je ne sais pas si tu vas pouvoir le croire, tellement c’est incroyable, dit-elle.

La curiosité attisée, il répondit simplement :

– Dis toujours.

Elle éventrait le carton. Jacques revenait avec un grand plateau avec croissants, œufs brouillés, du café et quelques clémentines. Il remarqua que son air avait changé :

– Qu’est-ce qu’il y a ?

Elle s’était assise avec une feuille cartonnée à la main. C’était un billet d’avion:

– Je pars pour Edimbourg dans 3H…

– Quoi ? Comment ça ? Tu me préviens que maintenant ? Je pensais que tu m’accompagnais à la gare ce soir ?

– Je viens de l’apprendre à l’instant !

– Tu vas m’expliquer ou continuer à faire pleins de mystère. Dit-il un peu contrarié.

– Bien. Par où commencer ?

Oubliant le caractère confidentiel de ce qui lui arrivait, Elle remit le billet dans le paquet jaune qui contenait d’autres documents et raconta toute l’histoire pendant qu’ils déjeunaient. Elle n’omit rien, pas même l’épisode de l’homme qui était venu la voir dans son bureau une semaine auparavant.

Quand elle eut fini, son frère la fixait gravement :

– Agnès ? Tu penses que la folie d’Lisa est génétique ?

– Te moque pas de moi, je vais te montrer le CD mais avant, je vais préparer ma valise et me doucher.

– Mais tu vas partir comme ça, sur un coup de tête ? Et ton travail ? Ton appart ? Ça se prépare à l’avance un truc pareil ! Et tes deux stagiaires, ils valideront comment leur stage sans toi ?

– Dans ce paquet, tous ces petits tracas sont résolus pour moi. Ne t’inquiète pas pour ça petit frère… Hexagon Industries semblent avoir des ressources insoupçonnées.

Elle partait déjà pour se préparer, dansant joyeusement sur « Dancing Queen » de la radio de la salle de bain. Il savait que cela ne servait à rien dans ces cas-là d’essayer de dire quoique ce soit. Quand elle avait quelque chose en tête, elle fonçait toujours tête baissée et ne levait la tête qu’à l’arrivée pour constater les dégâts.

Il avait fini par voir lui aussi le contenu du CD et avait paru tout aussi intrigué et subjugué. Il la laissa partir en lui faisant promettre de lui donner régulièrement des nouvelles et des détails sur son nouveau travail.

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