SPECIAL COP 21 (30 nov 2015 – 11 déc 2015)

Afficher l'image d'origineLa COP21, la 21e Conférence des Parties qui réunit toutes les nations désireuses de changer le climat (vers le refroidissent n’est-ce pas, et non pas le réchauffement), nous embête un peu, nous les parisiens, parce qu’on ne supporte pas que notre trafic routier soit perturbé.

Oui, mais il faut bien se rendre compte que cette rencontre au sommet va bien au-delà de nos petites personnes, qu’elle est pour le bien commun mondial (et ne concerne pas que nous, petits bipèdes à gros cerveau) et qu’elle prépare, s’il n’est pas trop tard et si tout le monde veut bien faire l’effort, un monde pas trop infernal pour nos descendants.

Alors, on entend parfois, souvent même, des gens qui disent que ces rencontres ne servent strictement à rien, que les accords signés n’ont strictement aucun impact. Pas si sûr… peut-être… mais on ne peut pas nier que cela éveille les consciences et qu’en matière d’énergie, chaque jour des efforts considérables sont faits.

L’écologie est l’un des domaines qui est exploré par l’imaginaire et donc la science-fiction, mais je n’ai pas réussi à trouver un seul film où il n’était pas déjà trop tard : LOST IN SPACE de 1998 (que je n’ai pas aimé) il était déjà trop tard et il fallait déjà se préparer à migrer vers un autre monde, WATERWORLD (très bon film de 1995) il est déjà trop tard également, toutes les terres sont immergées et on ne doute pas que c’est à cause du réchauffement climatique; dans l’épisode 5 de la saison 1 de STARGATE SG-1 l’atmosphère est totalement polluée et corrosive et la population est réfugiée derrière un dôme; dans ELYSIUM (2013), l’élite s’est carrément installée dans une station orbitale à l’abri du dépérissement de la mère planète.

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Bon, bien-sûr, il doit exister, y compris dans la littérature SF, des tas et des tas de contre-exemples de mondes où la prise de conscience de l’humanité est suffisamment précoce pour que les humains soient sauvés de leur propre folie ! Je pense notamment aux civilisations humaines très avancées, qui ont conquis l’espace sans délaisser la mère-planète (ex STAR TREK) où l’on suppose qu’ils ont su surmonter cette crise écologique majeure.

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Londres dans Star Trek Into Darkness (from latavernedutroll.wordpress.com )

Je fais partie je pense de la première génération à qui l’on a fait prendre conscience des dangers de l’industrialisation à outrance et de la nécessité de protéger notre environnement. Grâce au CLUB DOROTHEE (oui, oui le Club Do lol) ou à des dessins animés comme le CAPTAIN PLANET (bien avant Sauron et ses anneaux, il y a eu le capitaine Planète et ses 5 anneaux pour lutter contre la pollution terrorriste).

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Alors on espère ne pas finir comme dans WATER WORLD mais plus comme dans STAR TREK sans l’aide du CAPTAIN PLANET mais tous ensemble et avec des rencontres au sommet comme la COP 21 à Paris.

http://www.cop21.gouv.fr/

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CHAPITRE 21: REVELATIONS HYPNOPOMPIQUES

Les esprits rêveurs pilotés par Jacques s’étaient retrouvés, flottant,  dans un espace blanc et nuageux qui ne semblait pas avoir de limite. Ils se sentaient comme dans un océan tiède, prêts à immerger à l’air libre.

– Où sommes-nous ? demanda Sonja, étonnée d’avoir pu émettre un son.

– Dans la phase hypnopompique du sommeil, répondit-il. Vous allez recouvrir peu à peu certaines de vos capacités motrices parce que nous allons bientôt nous réveiller. Ça va durer un petit moment, alors n’hésitez pas à me poser des questions sur ce que vous avez vu et entendu.

– Jacques, une question nous brûle les lèvres, commença Aldric, et ça concerne surtout ce que nous n’avons pas vu.

– Laissez-moi deviner…, s’enquerra-t-il, vous voulez savoir ce qu’Agnès et moi avions vu sur ce CD ?

– Absolument ! s’exclama le journaliste.

– Eh bien, c’était une sorte de prospectus électronique pour donner envie de rentrer chez Hexagon Industries, un prospectus suffisamment convaincant pour laisser sa vie derrière soi pour en embrasser une autre plus secrète mais peut-être plus trépidante intellectuellement. Les premiers fichiers racontaient comment la société Hexagon Industries avait été fondée.

– Ah oui, et comment a-t-elle été fondée ?

– C’est une longue histoire. Mais vous êtes là pour ça. Ça commence entre les années 1936 et 1940, lorsque les nazis ont pris le pouvoir en Allemagne. Ils avaient mis en place une organisation scientifique, l’Ahnenerbe, chargée de faire des recherches sur les origines aryennes de la race germanique. Leurs enquêtes les ont menés dans le monde entier y compris en Antarctique, sur les Terres de la Reine Maud qui’ils confisquèrent à la Norvège, en tout cas une partie pour la rebaptiser : Nouvelle-Souabe. Les nazis ne se sont pas juste implantés sur ces terres glacées pour la pêche à la baleine comme cela avait été officiellement dit mais surtout parce qu’ils y avaient découvert sous la glace une civilisation antique bien antérieure à celle des sumériens et dont l’avancée technologique était comparable à celle des minoens de la méditerranée. Mais en dehors de cette comparaison, elle ne ressemblait en rien à ce qui était connu. D’autant plus qu’on avait toujours pensé que ce continent avait été constamment recouvert de glace depuis que l’homme était Sapiens sapiens, et que le premier homme à y avoir posé son pied sur son sol gelé l’avait fait au 18e siècle.

– Je l’ai étudié en Histoire des Uchronies: les nazis cachés au pôle sud dans des soucoupes volantes. Cette théorie ridicule faisait fureur dans les milieux conspirationnistes avant l’Enigma.

– Cela n’a rien à voir mais vous ne serez pas au bout de vos peines quand vous entendrez la suite. Ce qu’ils avaient découvert n’était que les vestiges d’une partie de la basse cité d’un des sept ensembles urbains de ce qu’on appellerait aujourd’hui une mégalopole. Ils l’ont appelée Antillia.  Elle s’étendait sur 600 000 km2 avec 60 millions d’habitants, presque autant que la région des Grands Lacs en Amérique à l’époque de mes 18 ans.

– Une mégalopole antique, vous dites ? Et elle daterait de quand ?

– Elle aurait brutalement disparu il y a 73 500 ans avant notre ère avec l’éruption du supervolcan indonésien Toba. L’ère glaciaire qui avait déjà commencé et qui a été renforcé par l’éruption, a mis fin à cette brillante civilisation. Rendez-vous compte : la civilisation de Sumer, il y a 6 000 ans, la civilisation des Minoens, il y a 4 000, et là, ils découvrent une civilisation extraordinaire, 73 500 ans ! Mais rien à voir avec une possible Atlantide, plutôt située 11 000 ans plus tôt.

– Toba… ne serait-ce pas le volcan dont on dit qu’il a failli provoquer l’extinction de l’humanité.

– C’est bien cela, Aldric.

– Orsino, pourquoi dites-vous que l’on ne sera pas au bout de nos peines ?

– Parce que la cité haute d’Antillia était complètement différente de la basse. Le niveau technologique de ceux qui l’ont construite dépassait largement la nôtre.

– Effectivement, je ne m’y attendais pas à celle-là.

– Les habitants de cette mégapole maitrisaient vraisemblablement la navigation spatiale et transdimensionnelle.

– Est-ce que vous nous parlez d’extra-terrestres ?

– Absolument pas. Je parle d’humains vivant à l’ère du paléolithique moyen avec une avance technologique d’au moins un million d’année sur les sociétés du début du 21e siècle.

– Et une telle civilisation aurait été anéantie par une super éruption qui a eu lieu il y a quelques milliers de kilomètre d’eux ? Ils sont peut-être juste partis vers les étoiles, ils maitrisaient bien les voyages spatiaux… ou alors Il y a quelque chose que vous ne nous dites pas, n’est-ce pas ?

– C’est vrai. La basse et haute cité montrait des traces de batailles. Les nazis ont pensé à un soulèvement, une guerre civile…

– Mais ce n’était pas cela, n’est-ce pas ?

– Après la seconde guerre mondiale, les chercheurs de l’île Deslimbes songeaient plus à une agression venue de l’extérieur.

– Quand vous dites extérieur, ce n’est pas extérieur à l’Antarctique, j’ai l’impression ?

– Extérieur à la Terre. Mais ce n’est pas forcément là encore une fois une agression extra-terrestre, ou plutôt devrais-je dire une agression non-humaine. Car en arrivant à ce point d’avancée technologique et d’expansion de colonies habitées dans l’univers, la notion de terrestre et d’extra-terrestre devient obsolète.

Les nazies ont donc pu profiter pendant un certain temps de ce qu’ils avaient découvert sur le continent de glace pour avoir le dessus sur les alliés et s’assurer la victoire. Ils ont adapté ce qu’ils avaient pu adaptés. C’est-à-dire pas grand-chose au début de la guerre, mais ça a été suffisant. Les missiles V2 en sont un exemple. Le reste était resté à un stade expérimental.

– Sauf qu’ils n’ont jamais gagné. Qu’est-ce qui s’est passé ?

– S’ils n’ont pas gagné, c’est grâce en partie, à des espions de l’intérieur, de l’Ahnenerbe en particulier, qui n’adhéraient absolument pas à la doctrine de leur gouvernement. Ils ont trahit l’idéologie hitlérienne pour la bonne cause et pour l’Allemagne qu’il souhaitait voir renaître. Ils ont pu révéler aux alliées cette découverte insolite et il s’en est suivi la bataille de l’Antarctique qui n’est évidemment pas écrite dans les livres d’Histoire. Il leur fallait couper la route du Pôle Sud aux forces de l’Axe, investir la mégalopole et s’approprier une technologie qui aurait pu les aider à renverser la vapeur en Europe et dans le Pacifique.

– Qu’est-ce que les alliés y ont trouvés ?

– L’arme atomique, pardi. Ils y ont trouvé des données essentielles. Sans cela, les américains auraient mis quelques années de plus à la mettre au point, et l’Histoire aurait été bien différente. Cette bataille de l’ombre avait, cependant, irrémédiablement détruit les vestiges et rendus quasiment inexploitable ce qui avait été conservé des millénaires sous la calotte polaire.

A la fin de la guerre, le traité de l’Antarctique a gelé toute revendication de territoire par les nations, en partie à cause d’Antillia. La Nouvelle-Souabe se trouvait être sur la Terre de la reine Maud, revendiqué au départ par les norvégiens, ce qui n’était acceptable ni pour les américains, ni pour les russes et les autres vainqueurs. La collaboration sur Antillia a été de mise, mais seulement entre pays de l’OTAN pendant la guerre froide. Mais ils se sont vites rendu compte que la Nouvelle-Souabe était un bout de terre aride et congelé, complètement ravagé par les pillons. Mais les soviétiques, eux, ont eu toutes les notes, recherches, dossiers sur l’antique cité polaire lorsqu’ils ont ravis Berlin et Munich, le siège de l’Ahnenerbe. Tout avait été transféré à Moscou puis Saint-Pétersbourg, Leningrad à cette époque, dans un département secret de recherche scientifique dirigé à l’époque par un certain professeur Théophane Sannikov.

– Sannikov, Sannikov, ça me dit quelque chose…mais oui !

– Bien-sûr que ce nom vous dit quelque chose, Sonja. C’est le Tesla de la physique théorique, oublié par tous et redécouvert depuis peu. Je ne le savais pas à l’époque, mais c’était un oncle éloigné de ma famille. Mais il était surtout l’un des plus grands physiciens théoriciens de notre histoire, l’égal d’Einstein, que ses contemporains n’ont jamais pu connaître puisqu’il avait travaillé dans l’ombre de la guerre froide puis du traité de non-divulgation lorsqu’il avait finalement rejoint l’île Deslimbes.

Pourtant, il aurait gagné à être connu et à rentrer dans les livres d’Histoire et de physique comme Albert Einstein pour avoir découvert quelque chose de plus extraordinaire que la physique quantique : la physique sannikovienne et l’effet Sannikov pour voyager dans les mondes alternatifs. Rien que cela. Je vous l’accorde, il a réussi à le faire grâce aux notes des Allemands décryptés d’Antillia, mais Oppenheimer et les autres ont eu le même coup de pouce pour la bombe atomique… Bref…

A l’époque des sondes Vénéra qui visitait Vénus, dans les années 1960-1970, les soviétiques envoyaient également des sondes d’exploration spatiales dans d’autres univers, grâce à Sannikov. Plus de 99% d’entre eux étaient vides, inhabitables, chaotiques, avec des lois physiques étrangères aux nôtres… mais les autres qui restaient étaient extraordinaires. Quand les américains s’étaient vantés d’avoir posé les pieds sur la lune, les soviétiques avaient marché dans la discrétion la plus totale sur d’autres planètes comparables à la Terre.

– Vous plaisantez ? Qu’est-ce qu’ils y ont trouvés ?

– Rien.

– Comment ça, rien ?

– Toutes ces planètes qu’ils ont trouvées étaient devenues arides et irrespirables. Ils y ont trouvé, certes, des traces d’anciennes civilisations intelligentes, mais toutes avaient semble-t-il essuyé une guerre cataclysmique qui semblait avoir eu lieu à la même époque. Tous ces mondes avaient été brûlé en un instant.

– Quelle époque… ?  Vous me faites peur…

–  A l’époque de l’éruption du mont Toba.

– Je comprends maintenant. C’est pour cela qu’ils avaient invalidé la thèse des nazis. Ils pensaient que ce qui avait attaqué la cité de l’Antarctique avait également attaqué tous ces mondes simultanément et provoqué leur extinction.

– Absolument, Sonja. Et vous verrez dans nos voyages oniriques que le signal Enigma a un lien très étroit avec toute cette histoire.

– Mais ça n’explique pas tout ça … cette île mystérieuse et cette société inconnue au bord du monde, je veux dire.

– Oui, ça n’explique pas tout cela, mais on y arrive. Une seule sonde a débarqué sur un monde habitée qui n’avait pas été ravagée par une ancienne guerre. Ce fut le 12 juin 1983.

La sonde avait envoyé les données d’une étoile de 1,1 masse solaire et de métallicité voisine à notre soleil. En général, c’était bon signe pour avoir une planète qui avait été habitée par une quelconque forme de vie. Sauf qu’il n’y avait autour d’elle aucune planète. Et pour cause, c’était un système binaire, ou plutôt trinaire.

– Un système de trois étoiles sœurs liées par la gravitation, marmonna Aldric.

– L’étoile qui ressemblait à notre Soleil, Dussarès, tournait autour d’un barycentre avec un couple de naine rouge qui se tournait l’une autour de l’autre : Seroris Major la plus massive et Seroris Minor la plus petite.

C’était impensable à cette époque de croire qu’une planète pouvaient se former et se maintenir dans un environnement gravitationnel aussi complexe…

Mais ils en découvrirent pas une mais deux ! Nimba, une super-terre, trois fois la masse de notre planète, entièrement recouverte d’eau avec une épaisse couche nuageuse et qui orbite autour du système Seroris. Beaucoup plus loin, orbitait une géante gazeuse, presque une fois et demi notre Jupiter, Sandalphon, mais avec une densité voisine de celle de Saturne. Et c’est autour de cette dernière qu’ils ont trouvés les perles rares.

– Les perles rares ?

– Oui, les précédentes sondes ont trouvé des mondes habités dans un même système stellaire : Daneb, Lielos et Gabar, des satellites quasi-jumelles de la terre orbitant autour de la majestueuse Sandalphon.

– Et les gens de là-bas… ?

– La dame Ildiko venait de Daneb.

– Elle nous ressemble beaucoup.

– En apparence, oui. Nous avons beaucoup de similarité parce qu’il semblerait que les humains d’ici et de là-bas aient eu un ancêtre commun ou qu’il y ait eu mélange pendant des milliers d’années avant que le grand cataclysme interrompe tout échange. Mais la séparation depuis ces 70 000 ans a créé un éloignement génétique évident, une différence culturelle et linguistique. Et alors que nous, sur Terre, étions repartis de zéro technologiquement, ces derniers avaient déjà une grosse avance.

Rendez-vous compte que les civilisations de là-bas n’exploitaient pas du tout le sous-sol de leur planète mais ceux des nombreux astéroïdes et comètes de leur nuage d’Oort. Ils appelaient ça le nuage des Cassitérides, il était habité par des robots-miniers. Ils maitrisaient le voyage spatial, mieux que nous, la robotique mieux que nous. La seule chose qu’ils ignoraient, en apparence, et que les soviétiques possédaient, c’était la technologie des passes-mondes, élaborés par Sannikov grâce aux documents nazis d’Antillia.

Après la peur de subir une conquête par ces humains d’un autre univers, une confiance mutuelle fragile s’est installée et il s’est donc naturellement créé une collaboration. Mais ils ne voulaient pas uniquement collaborés avec les soviétiques mais avec toutes les nations de notre monde, au grand désarroi des russes, vous l’imaginez. La révélation aux américains faillit créer un incident diplomatique très grave, mais le choc passé, la curiosité et l’envie d’aller de l’avant prit le pas sur les rancœurs. C’est le contact des deux civilisations qui a accéléré le dégel de la guerre froide et permis la création de cette île et d’Hexagon Industries pour préparer les générations futures des deux mondes. Par contre, si dans le système Dussarès-Seroris, tous les habitants connaissaient l’existence de la Terre et de ses habitants, ici, seuls quelques hommes et femmes de l’élite politique mondiale savaient qu’il y avait des habitants au-delà du voile qui sépare les mondes.

– Excusez-moi Jacques, je retourne un peu en arrière parce qu’une chose me turlupine : si sur notre planète, Antillia témoigne d’une grande guerre, que des milliers de mondes sont devenus arides et inhospitaliers à cause de cette même guerre, il devait y avoir chez nos nouveaux amis, des traces aussi de ces combats, non ?

– Aucun vestige, selon eux, mais un récit épique mythologique, qu’ils nomment les Cantos d’Elium et appris par tous les enfants dans leurs écoles, qui relatent une guerre des dieux, la théomachie, qui aurait provoqué l’extinction de nombreuses espèces intelligentes et la disparition de nombreux mondes à travers le multivers. En longueur de texte, nous ne sommes pas loin du Mahabharata des indous.

– Je reste tout de même perplexe sur les motivations de votre sœur pour s’être précipités sur l’île Noire avec ces révélations, même si elles dépassent l’entendement.

– Oui, vous avez raison. Le CD lui avait révélé quelque chose dont elle ne pouvait pas résister à l’appel. Et même si le verrou psychologique subliminal l’avait empêché de s’en rappelé jusqu’au déconditionnement, elle ne pouvait pas faire machine arrière.

– Vous nous faites languir !

– Ma sœur avait vu sur ce CD et avait compris qu’elle pourrait participer à révolutionner notre monde. Les archéologues qui ont écumé les vestiges d’Antillia, ont compris que les humains de cette super civilisation dont on ne retrouve quasiment les traces évidentes qu’au Pôle Sud, n’étaient pas tous totalement humains. C’était un système féodal dont l’itération des noms des vassaux et des suzerains s’étendaient sur plusieurs centaines d’années voire un millénaire au moins dans les archives. D’autres sources et indices ont permis de comprendre que ces êtres humains trompaient la mort et vivaient éternellement à l’échelle humaine et étaient considérés par leurs contemporains « normaux » comme des dieux.

– Cela a suffi à la convaincre ?

– Bien-sûr que non ? Elle n’est vraiment pas du genre à croire à ce genre de chose. C’est la preuve biologique qui la fait basculer. Vous savez que dans ma jeunesse des mammouths très bien conservés avaient été découvert dans le pergélisol sibérien… Eh bien, l’expédition franco-américaine en Nouvelle-Souabe avait trouvé sur le site d’Antillia le corps d’un de ces surhumains, mort bien entendu, mais suffisamment conservé pour dévoiler le secret de sa longévité.

Aldric et Sonja se demandant où il voulait en venir, il se mit à citer quatre vers du poème d’Homère, l’Iliade :

« Du poignet jaillit l’immortel sang de la déesse,

L’Ichor, tel qu’on le voit couler chez les dieux bienheureux :

Ne consommant ni pain ni vin aux reflets flamboyants,

Ils n’ont pas notre sang et portent le nom d’Immortels »

– L’ichor ! s’exclamèrent-ils.

– Oui ! La bactérie symbiotique de nos cellules, version allégée, qui nous permet de vivre deux à trois fois plus longtemps que nos aïeux. Le graal de la médecine que j’aime appeler « le midi-chlorien des dieux de la protohistoire ». Avec ce minuscule organisme, elle savait que si elle réussissait à nouveau à l’adapter aux humains de la terre, la famine n’existerait plus, la surexploitation agricole ne serait plus nécessaire, 97% des maladies infectieuses ne seraient plus une menace, plus de maladies métaboliques, plus de maladies nutritionnelles et plein d’autres avantages.

– Comment pouvait-elle être sûre que ce n’était pas un montage, un canular… ?

– Parce que celle qui avait présenté cette partie n’était autre que la meilleure amie de notre mère et sa marraine. Elle était aussi scientifique. J’étais trop jeune pour me rappeler d’elle quand elle est décédée à la suite d’un long combat contre le cancer mais Agnès l’avait bien connue et avait été très proche d’elle. C’est sûrement ce choc psychologique qui a permis de momentanément lui faire oublier ce qu’elle a vu tout en conservant sa volonté de venir sur l’île.

– Vous n’aviez pas été affecté par cette amnésie programmée alors ?

– Si, mais dans une moindre proportion. Je n’ai d’ailleurs pas eu besoin de déconditionnement. C’est un système multicanal dont le pilier est le canal émotionnel, il me manquait celui-là pour que le verrou soit parfaitement opérationnel.

– Et qu’a vu Peter sur son CD ?

– Je ne l’ai jamais su et il ne l’a dit à personne. Je suppose que ça l’avait suffisamment bouleversé pour ne pas qu’il veuille le partager.

CHAPITRE 20: L’HONORABLE ILDIKO BATHORY

Le soir vint mais au lieu de rentrer à Clay Hill, Orsino les avait conviés à un dîner très particulier, probablement pour fêter leur arrivée. Agnès avait reçu une très belle robe rouge de soirée avec des escarpins et les accessoires qui allaient avec. L’ensemble avait été choisi par la femme d’Orsino, qui en plus de sa flamboyante chevelure rousse qui lui descendait jusqu’au bas du dos, avait de très bons goûts vestimentaires. Elle put voir Peter pour la première fois à son avantage dans un costume très bien coupé et le cou enserré dans un nœud papillon. Son élégance ne surpassait cependant pas celle du PDG d’Hexagon Industries. Les deux nouveaux arrivants essayaient tant bien que mal de savoir ce qui valait une si grande cérémonie, mais Orsino savait garder le silence jusqu’au bout. Au lieu de cela, ils prirent place dans une navette de transport automatique à huit places où les attendaient déjà une femme également bien habillée. Elle avait le visage sec et un air un peu sévère accentué par sa paire de lunettes aux verres carrés.

Orsino entra des coordonnées en manipulant des boutons et la navette roula comme une voiture vers une route bordée d’une barrière. Lorsqu’elle l’atteignit, elle sembla se visser sur des rails invisibles puis fila à toute vitesse comme un train.

– Je m’appelle Bette Jones, enchantée de vous connaître. Je connais beaucoup de choses sur votre illustre famille, avait-elle rajouté à l’intention d’Agnès.

– Ah ? Avait-elle juste répondu, dubitative.

– Je ne savais que ta famille était illustre, taquina Peter.

– Je suis la directrice de l’école primaire et historienne-botaniste à mes heures perdues. Aussi ai-je la lourde tâche de vous faire un petit cours d’histoire-géographie rapide de l’île avant que nous arrivions à destination.

– Que nous arrivions où cela ? avait demandé malicieusement Peter.

Mais elle ne lui répondu même pas. Elle se contenta de le regarder par-dessus ses lunettes, comme si elle venait de le découvrir. Et continua en arrangeant ses cheveux sur ses épaules :

– Tout d’abord, bienvenue chez nous, dans le comté de l’île Deslimbes. Vous aurez tous le loisir de me poser des questions quand je vous en donnerai la permission…

Cette fois-ci, elle regardait avec insistance Peter qui comprit aussitôt que cette femme avait perdu son sens de l’humour à la naissance. Elle poursuivit :

« Le comté de Deslimbes, proche de l’archipel des Orcades, fut ainsi appelé par les français parce qu’elle était constamment entourée de brume. Ainsi, lorsque les embarcations s’approchaient des hautes falaises noires, ces dernières semblaient surgir des limbes.

Il y a cinq villes sur l’ile. La plus récente est la capitale que vous connaissez : Clay Hill, avec son aéroport. Arimathée, au sud, est la plus peuplée et la plus ancienne. Saint-Brandan et Saint-Colomban, toutes deux à l’est, ont été fondées par les irlandais. Quant à Alchémille, à l’ouest, elle a été bâtie par les français. Grand foyer d’alchimie, on y trouvait à l’époque des champs entiers d’alchémille aux vertus médicinales. Ces villes furent construites après que Marie de Guise luttant contre la progression du presbytérianisme en Ecosse, donna son indépendance à l’île qui était resté catholique. En échange, elle y envoya des fermiers irlandais et des soldats français et leur famille. A sa mort en 1560, l’île tomba dans l’oubli grâce à ce que nous appelons ici le sortilège technologique de l’Oblivion. Notre devise l’illustre très bien : l’apercevoir, c’est déjà l’oublier. L’île, j’entends bien. Elle marque le point de départ de l’adhésion de l’île à l’Impérium, comme quelques autres îles de l’Atlantique sud et du Pacifique que vous ne connaissez pas ou que vous connaissez sous l’étiquette de la légende.  Nous les appelons les îles mythologiques et nous en faisons donc parti. Les prêtresses de l’île devant protéger leurs intérêts, elles ont précipité l’alliance féodale entre l’empereur et le comte.   

Son premier souverain connu est Lot d’Orcanie au VIème siècle après Jésus-Christ. Les rois de sa lignée, après le roi légendaire Gauvain de la table ronde,  gardèrent la souveraineté de l’île même après qu’elle soit tombé aux mains des scandinaves  au IXème siècle. Les rois prirent dès lors le nom de Jarl puis de comte sous la domination écossaise en 1472. Le titre est depuis resté jusqu’à l’actuel souverain de l’île, le comte Joseph Zachary Ockham ». 

Peter leva la main comme un enfant pour poser une question.

« Je n’ai pas terminé docteur Silverstein… C’est une île vallonnée avec trois collines centrales, entourée de hautes falaises de granites noires qui bloquent les vents d’ouest et du nord et atténue la puissance des tempêtes violentes. Nous sommes effectivement dans une authentique caldeira de supervolcan d’une circonférence impressionnante ».

Elle sortit de son petit sac une petite boussole et la donna à Agnès :

« Regardez, les boussoles sont inutilisables parce que le sous-sol de l’île est granitique et riche en magnétite.

Contrairement aux Orcades, l’île est couverte d’une forêt endémique composée de pommiers, de poiriers et de châtaigniers que l’on ne retrouve nulle part ailleurs qu’ici. Il y a également de nombreux arbustes qui donnent toute sorte de baies et de fruits des bois. Les premiers habitants vivaient de la pêche, de l’élevage de moutons nourris aux algues et de l’apiculture. Nous produisons de l’excellent cidre de pomme et de poire, aromatisé avec des liqueurs de baies et de fruits des bois qui remplacent le whisky très prisé des ancêtres irlandais et écossais. N’hésitez pas à gouter nos spécialités de pains faits avec de la farine de châtaigne, de fromages de lait de brebis ou de ponettes.

Le sol est très riche en tourbe. Il a longtemps été exploité par les populations pour se chauffer et se faire à manger. Mais la totalité de l’énergie provient aujourd’hui directement ou indirectement de la chaleur géothermique du sous-sol. Vous apercevrez d’ailleurs souvent en campagne des geysers. Mais ne vous en faites pas, ils sont balisés.

Comme vous l’aurez remarqué, le climat est relativement doux et peu venteux. Les températures ne tombent jamais en dessous de dix degré en hiver et au-dessus de vingt-cinq degré en été ».

La navette arriva au bord d’un grand lac. De l’autre rive, ils pouvaient voir une gigantesque installation qui s’enfonçait dans l’eau. De sa surface, des lumières s’élevaient dans le ciel ou descendaient à vitesse vertigineuse sans faire de bruit.

« Voici notre loch: le loch Nimue. Il n’y a pas de Nessie ou de dame du lac (elle laissa échapper un bref rire)… mais sur l’autre rive a été construit l’unique astroport de notre planète relié à l’aéroport par des navettes. Les lumières que vous voyez sont les passes-mondes qui vont et viennent de l’autre monde ».

Puis la navette s’écarta de la voie qui longeait la berge du lac pour s’enfoncer à vive allure dans la forêt, vers l’une des collines centrales où se dressait un immense château moyenâgeux sur son flanc.

« A votre droite, vous pourrez admirez l’un de nos plus beaux monuments. Les vestiges du château d’Ablach. Vous pouvez même apercevoir l’ensemble mégalithique qui n’a rien à envier à celui de Stonehenge. Dans les vestiges du château existe une grotte qui est l’entrée d’un vaste réseau souterrain qui aurait été habité dès le néolithique ! »

Puis la navette surgit hors de la forêt et commençait à ralentir.

« Voici notre joyau, notre petite Tour Eiffel si je puis dire, toujours à votre droite: Le château d’Avalon, la demeure du Comte. Il renfermerait les reliques des cycles arthuriens à savoir la tombe du roi Arthur lui-même et sa dame Guenièvre, le graal, la table ronde, la lance du destin, le trône impérieux et bien entendu Excalibur, l’épée fabuleuse. Mais la salle des trésors ne peut être visitée. Même moi je n’ai pas le droit.

La langue parlée ici est unique. C’est un mélange de vieux norrois, d’écossais, d’irlandais et de français, bien-sûr. Néanmoins, c’est l’anglais qui est pratiqué à l’école afin que ceux qui partent dans les universités de Glasgow ou Edimbourg maîtrisent la langue. Mais le français tient une très bonne place dans les familles où il est maitrisé par soixante-dix pour cent des habitants.

Avait-elle dit en regardant d’un sourire bienveillant Agnès.

Et enfin que dire de plus que l’île est peuplée d’un bon million d’habitants. Des questions ? »

Peter et Agnès parlèrent pratiquement en même temps :

– Vous voulez dire que la preuve que le roi Arthur a existé est dans ce château et qu’il repose ici ?

– Cette île… serait l’Avallon alors ? Ou carrément l’Atlantide ?

– C’est quoi cet Impérium ?

– Où vont les lumières ?

Ne pouvant répondre à toutes les questions à la fois, elle décida de ne répondre qu’aux deux dernières ; ignorant délibérément les premières, d’autant plus que c’était Peter qui les avaient posées.

– Les lumières vont justement vers les autres villes de l’Impérium, elles se trouvent dans un monde parallèle au nôtre. Quant à l’Impérium, il pourrait être considéré comme une fédération de planètes mais basée sur un système féodal avec un suzerain et des vassaux. Seules quelques îles de la planète Terre en font partie. Mais c’est également une démocratie parce qu’il y a un parlement… les rouages de la politique de l’Imperium seraient trop longs à expliquer ici et maintenant, car nous sommes arrivés pour notre diner… chez le comte, Sir Joseph Zachary Ockham. Mais comptez sur moi une autre fois.

La navette s’arrêta et sembla se dévisser des rails invisibles, puis roula hors du chemin bordé.

– Laissez-moi plutôt vous présenter les convives et notre hôte. Sauf si vous voulez le faire Orsino ?

Le regard qu’elle lui avait lancé signifiait clairement qu’il n’était point question qu’elle lâche Agnès de la soirée.

– Non, je vous en laisse le loisir, répondit-il.

– Bien, si vous insistez… fit-elle avec un grand sourire.

Ils descendirent de la navette qui avait pénétré dans la propriété de l’immense demeure. Déjà elle tirait Agnès par le bras en faisant de grands signes aux invités qui étaient déjà dans le hall, des flutes de champagne à la main. Tout le monde s’était alors tourné vers elle qui était alors devenu aussi rouge que sa robe. Peter était resté à l’arrière avec Orsino et sa femme. Plutôt amusé par la situation et soulagé de ne pas être « adulé » par une femme qu’il ne trouvait pas attirante, il prit gaiement une flute de champagne également.

Agnès reconnut deux hommes qui étaient ce matin au siège d’Hexagon Industrie :

– Monsieur Younes Hammadi qui vient du Caire et notre docteur en médecine, Micolaj Wojnicz de Croatie. J’ai bien prononcé votre nom mon cher ami ?

– Absolument, répondit-il poliment, même si ce n’était absolument pas vrai.

Elle put à peine les saluer qu’elle la poussait vers d’autres personnes :

– Attention, voici la comtesse, dame Mary Ann Swing, sa sœur lady Laura Lana Swing qui va épouser le mois prochain un Amaral, un prince d’une des maisons majeures de l’Impérium, que vous voyez là-bas en compagnie de votre américain. Et à côté d’elle plus à droite, sa fille ainée lady Elisabeth Ann.

– Madame Jones, qui est votre amie ? demanda lady Laura Lana.

Bette était toute émoustillée. Elle fit la révérence.

– Voyons, dit Dame Mary Ann, la révérence est inutile. Ce diner a tout ce qu’il y a de plus amical et officieux.

– Je vous présente le docteur Agnès Strofimenkov qui est arrivé… hier, c’est bien cela ? C’est une Lefaye, dit-elle d’un air accompli.

– Euh… oui c’est le nom de mon grand-père, effectivement, bredouilla Agnès qui ne comprenait pas vraiment toute la signification de ce nom de famille sur cette île. Enchantée !

Bette s’en rendit compte et la prit à parti devant les trois autres, les yeux écarquillés comme ceux d’une chouette dans ses verres carrés :

– Comment cela ? Vous ne savez pas ?

– Quoi donc ?

– Vous êtes une descendante d’une des prêtresses de l’île que les gens de chez vous prénomment : Morgane. Morgane la fée… Morgane le Fay… Lefaye… vous percutez demoiselle ?

Décidément, cette Bette Jones était bien insupportable pensa-t-elle.

– Je …

Elle n’eut même pas le temps d’en placer une qu’elle était retournée dans le tourbillon de ses présentations mondaines :

– Oh regardez le maire de Saint-Colomban, Liam Durandal,… le maire de Saint-Brendan, Killian Carmichael,… Alastair Nolan, le maire d’Alchemille,… Elwyn Rivères Commène, la maire d’Arimathée,… le père Fitzpatrick, l’évêque de l’île…

Elle semblait ne plus respirer du tout.

– Oh, laissez-moi vous présentez l’ambassadeur de votre pays ?

– Pourquoi y-a-t-il un ambassadeur de France ici ? demanda-t-elle surprise.

– Oh ce n’est pas le seul ambassadeur. Tous les pays du G13 ont leur représentant sur l’île : les États-Unis, le Canada, le Mexique, le Brésil, l’Afrique du Sud, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, la fédération de Russie, l’Inde, la république populaire de Chine et le Japon si je n’ai oublié personne.

– Mais je pensais que l’existence de cette île était secrète. D’où le recours à l’Oblivion.

– Ma chère, vous êtes si attentive et vous avez raison. Mais laissez-moi vous expliquer, vous comprendrez tout ensuite. Je ne suis pas historienne pour rien. Avant la seconde guerre mondiale…

Elle l’écoutait d’une oreille et se laissait son esprit se distraire par les autres discussions dont elle n’entendait que des bribes:

« …Sauf que des dossiers contenant des plans de machines technologiques avaient été vendu à l’Allemagne nazie par le biais de l’Ahnenerbe, leur organisme de propagande scientifique. Malgré l’enquête, les traîtres n’ont jamais pu être découvert »

– Est-ce que vous m’écoutez ? demanda la grande historienne de l’île.

– Bien entendu, continuez votre récit. C’est fort intéressant.

– Eh bien, après la chute du mur de Berlin, l’Imperium conseilla fortement aux nations des anciens blocs de s’installer sur l’une des îles mythologiques, dont fait partie l’île Deslimbes, comme vous l’avez compris.

Mince, se disait-elle, elle avait loupé une partie qui semblait vraiment intéressante.

– A partir de cet instant, continuait Bette, les nations de l’OTAN et la Russie voulurent rentrer dans cet Imperium mais aucune nation de la Terre ne correspondait aux critères d’adhésion : notre économie est chaotique et trop hétérogène, la dégradation de l’environnement est galopante, les conflits armées sont monnaies courantes, l’analphabétisation et la pauvreté sont le quotidien d’une majorité de la population et cette population est trop importante et non maitrisée.

– Comment ça la population est trop importante ?

– Laissez-moi finir…

– Oui, pardon, continuez.

– Alors depuis 1989, ces treize pays créèrent Hexagon Industries et lui donna un mandat avec l’aval de l’ONU pour aider les peuples et les nations de la Terre à remplir les critères et entrer dans l’Imperium en tant que Fédération Autonome de la Terre. Il parait que la future constitution est déjà prête. C’est la raison d’être de cette entreprise. En cherchant des solutions concrètes contre le réchauffement climatique, la pénurie de ressources énergétiques et minières, les épidémies comme le SIDA, les cancers et grâce à l’aide des documents qu’ils veulent bien nous dévoiler des autres mondes, la Terre pourras remplir les critères et entrer de pleins pieds dans l’avenir dans moins d’une décennie si tout se passe selon le programme. Mais rien pour le moment ne doit être divulgué à la population… Vous le verrez aussi, il y a des représentants de grandes multinationales. Car l’exploitation de nos découvertes sera cédée le moment venu à ces entreprises pour assurer une économie à la hauteur des espérances de l’Imperium.

– De grandes multinationales ? Lesquels ? Je veux dire comment elles ont été sélectionnées ? demanda Agnès très intriguée par toutes ces révélations qui restaient bien entendu inconnues du grand public.

– Je vois ce que vous voulez dire, répondit Bette. Il y a sûrement du favoritisme envers certains pays, je ne sais pas. Je n’ai pas de réponse, il faudra demander à Orsino.

Agnès hésita un peu et se lança :

– Je suis quand même intrigué par le fait qu’ils trouvent que la population de la Terre est trop importante. Comment Hexagon Industries compte résoudre ce problème ?

– Par la terraformation de Vénus et Mars, voyons, répondit-elle avec un large sourire. Vous savez que …

Mais soudainement, elle se tût lorsqu’elle vit entrer dans le hall un homme, d’une prestance exceptionnelle, accompagné d’une femme âgée mais très belle, et très grande avec un port altier. Elle était vêtue dans une longue robe blanche qui se confondait avec ses longs cheveux argentés. Elle portait des gants de la même couleur. Mis à part son visage et son cou, on ne voyait pas un centimètre carré de sa peau. Bien que ses traits fussent doux, elle avait l’apparence d’un faucon, surtout par son regard gris qui était perçant.

Agnès intrigué demanda :

– Qui sont-ils ?

– L’homme charmant n’est autre que sir Joseph Zachary Ockham, le comte de l’île, en personne. Quant à la dame, voyez-vous, c’est une femme très importante dans la hiérarchie de l’Impérium, l’honorable Ildiko Bathory, qui siège au Magisterium, l’une des assemblées du parlement dont je vous ai parlé tout à l’heure. On dit qu’elle a des pouvoirs, qu’elle est capable de voir l’avenir, lire vos pensées, vous obliger à faire des choses… elle chuchotait de plus en plus bas de telle sorte que la fin de sa phrase était à peine audible.  Il est possible qu’elle soit là aussi pour vous, vous êtes une Lefaye après tout…

– Pour moi ??? De toute façon, je ne crois pas à ces choses-là…

Le visage de l’honorable, à ce moment-là, pivota de manière surnaturelle et elle fixa de ses yeux gris perçants Agnès qui entendit sa voix dans sa tête :

« Je viens pour votre frère en vérité »

– Vous l’entendez, n’est-ce pas ? demandait Bette Jones presque pendu à son épaule. Qu’est-ce qu’elle vous dit ! Dites-moi ?

– Je… je ne sais pas… je ne comprends pas, laissez-moi tranquille…, lui répondit-elle, excédée.

Bette fut tellement choquée de la réaction d’Agnès, qu’elle évita tout contact avec elle toute la soirée, manifestement froissée par ce qu’elle avait dit. De son côté, bien qu’elle trouva sa réaction disproportionnée, elle put profiter, sans être tiré de tous les côtés, sereinement de sa soirée en compagnie des autres invités y compris de l’honorable Ildiko, comme si rien ne s’était passé.

Le comte avait fait un discours digne de ce nom pour présenter les deux nouveaux arrivants : Peter et Agnès. Il annonça également que les dates de transfert des technologies aux multinationales étaient proches. Ce qui, évidemment, ne manqua pas de rassurer les actionnaires et les ambassadeurs qui avaient soupçonné à tort depuis quelques temps que le signal Enigma avait été une ruse de l’Imperium pour rejeter l’adhésion de la future Fédération Autonome de la Terre.

ILIUM de DAN SIMMONS

Si l’on accepte le postulat de départ que chaque livre, chaque histoire que l’on se raconte ou que l’on imagine ne sont que le reflet de mondes parallèles infinis aussi réels que le nôtre que nous entrevoyons grâce à nos esprits fertiles,

alors il existe un monde où les créatures shakespeariennes cohabitent avec les dieux mythologiques et héros homériques, où ces derniers combattent des robots poètes et autres étrangetés de la SF, et où eux-mêmes sont aidés par des humains devenus oisifs et abrutis par une vie exclusivement remplie de loisir… et tout cela dans la normalité la plus totale.

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l’auteur d’HYPERION, ENDYMION, ILIUM, OLYMPOS…

Et ce monde, c’est Dan Simmons qui l’a vu et qui le (d)écrit par son génie fantastique dans ILIUM. Une sorte d’Iliade futuriste qui n’a rien à envier à l’originale.

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J’ai hâte de lire la suite: Olympos !

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TOUS SUR ORBITE (welcome aboard)

J’ai toujours rêvé de monter à bord d’un vaisseau spatial et de sillonner le cosmos en observant les astres et autres phénomènes astronomiques.

Mais apparemment, nous le faisons déjà tous et tous les jours !

Bienvenu à bord du vaisseau planète Terre

Ainsi commence (si je me souviens bien) les épisodes de la série documentaire  TOUS SUR ORBITE (avec sa si belle musique de générique).

Chaque épisode nous fait voyager dans le ciel nocturne de l’hémisphère nord et nous explique tous les phénomènes observables et les connaissances actuelles en planétologie et cosmologie.

Je ne me lasse pas de regarder. Merci France 5 pour ce beau documentaire digne de la BBC.

Pour les fans d’astronomie, n’hésitez pas…

BON VOYAGE 🙂

CHAPITRE 19: LA BATAILLE DE KRAZILLA-ORAYNOR

Un nexus s’ouvrit dans la texture de l’espace-temps. Les vaisseaux-destroyers en sortirent avec leurs canonnières d’antimatière en alerte. La formation était à quelques milliers de kilomètres des avant-postes Krazilla et Oraynor, deux planètes naines pas plus grandes que Pluton et Charon, situées en bordure du système stellaire d’Elium. Elles avaient été creusées jusqu’au noyau pour accueillir des armes offensives expérimentales. Elles constituaient la première ligne de défense la plus efficace de la capitale impériale orixane. L’une tournait autour de l’autre dans un majestueux ballet, accompagné de carcasses de vaisseaux par millions. Ce bout d’espace avait été le théâtre d’une bataille farouche qui avait duré trois jours terrestres sans interruption. L’ennemi avait tenté une percée décisive massive et laisser un répit. En dépit des apparences, les Orixans et leurs alliés avaient été défaits, rendant plus vulnérable encore, à plusieurs centaines de millions de kilomètres de là, Elium, face à son ennemi irréductible.

Tout d’un coup, un gigantesque vaisseau ressemblant à un crabe surgit d’une masse de débris. Invisible au départ, il avait désactivé ses occulteurs pour attaquer. Plus petit que les destroyers, il était aussi plus rapide, plus réactif.  Il cracha sans sommation un tir laser droit sur l’un des gros vaisseaux d’Elium. Ce dernier n’eut pas le temps de faire de manœuvre d’évitement. Le bouclier protecteur tenu face au choc de l’impact et absorba la quasi-totalité de l’énergie. Mais à l’arrière, un autre crabe surgit et lança à bout portant une salve de laser sur le même vaisseau. Le bouclier était saturé, il céda. Les puissants faisceaux de lumière transpercèrent alors l’épaisse coque de part en part. Le vaisseau-crabe pivota et bascula afin que la lame de lumière tranche en deux le vaisseau d’Elium. Les réacteurs furent touchés de plein fouet, le mastodonte spatial se disloqua et implosa avec une puissance inimaginable. L’onde de choc engendrée s’écrasa avec une énergie cinétique prodigieuse sur deux vaisseaux voisins. Sévèrement endommagés, ils furent la proie des crabes qui les détruisirent sans peine à coups de tirs conventionnels.

Enfin, les lourds destroyers réagirent. Ils manœuvraient afin que leurs canons latéraux soit face à leurs cibles. Ils bombardèrent en concert les deux crabes de missiles d’antimatière. Aucune ne toucha leur cible. Les crabes se déplaçaient trop vite, comme s’ils faisaient des bonds. L’horreur atteint son paroxysme lorsque d’autres crabes, une cinquantaine, arrivèrent sur le champ de bataille. A plus de cinquante contre à peine sept, les Anunnakis étaient à présent en supériorité numérique.

A des millions de kilomètres de là, dans une salle de contrôle d’un vaisseau amiral en orbite autour d’Elium, Njeddo Dewal gardait son sang-froid. Puis, quand elle vit enfin les vaisseaux crabe en grand nombre, elle s’écria surexcitée :

« Général, c’est maintenant ou jamais, désactiver les commandes automatiques ! Prenez les commandes immédiatement ! Lancez l’attaque ! Ils ont mordu à l’hameçon ! Maintenant !!! »

Le général crispé et en sueur ordonna:

« Désactivation de la commande automatique !

Allumage des moteurs rétro-latéraux !

Dispersion de la formation groupée !!! »

Les vaisseaux-destroyers oblongs, commandés à distance, se mirent à tournoyer à toute vitesse sur leur grand axe et à s’éloigner les uns des autres, forçant ainsi l’essaim de crabe en approche à rompre leur propre formation.

« Calculez les tirs spiralés et tirez à mon ordre ! »

hurla-t-il à ses officiers supérieurs.

Chacun, debout face à des tableaux de bord, avait la commande d’un vaisseau. Les uns après les autres, ils clamèrent : « cibles verrouillées » !

– Tirez !!! Hurla-t-il.

Alors que les spationefs de guerre tournoyaient en s’éloignant lentement les uns des autres, ils se délestèrent des derniers missiles d’antimatière qui filèrent dans l’espace en décrivant une orbite spiralée. Les Anunnakis, à bord des crabes, ne comprirent que trop tard que les missiles qui s’éloignaient au départ, revenaient pour les prendre à revers. La tactique était nouvelle. La frappe était chirurgicale.  Car, même si les charges explosaient à proximité de leur cible sans les toucher, les ondes de choc générées détruisaient les boucliers de tous les vaisseaux ennemis.

Désorientés et affectés par des avaries, les crabes étaient pour le moment incapables de riposter. Il fallait les achever maintenant. Njeddo Dewal le savait. Elle avait une assurance déconcertante, elle claironna avec autorité:

« Général ! Ordonnez l’explosion des premiers missiles ! Ceux qui ont raté leur cible ! »

Le général, qui ne reçoit d’ordre que du couple impérial ou de souverains, exécutait les ordres pourtant sans sourciller. Les missiles explosèrent loin de la zone de combat, mais les crabes crurent à une attaque coordonnée de vaisseaux qui venaient appuyer les sept destroyers. Leurrés, Ils tentaient des manœuvres de défense chaotiques.

« C’est le moment ! Maintenant Général !!! »

Il hocha la tête :

« Largage des obédients mécaniques ! Immédiatement ! »

Les destroyers s’immobilisèrent net et abaissèrent leur bouclier. Leur ventre s’ouvrit déversant dans l’espace intersidéral des millions de petites bêtes. Autopropulsés, les obédients mécaniques à huit pattes s’élançaient à toute vitesse contre les crabes. Ces derniers dardaient des coups de laser dans le nuage d’obédients sans faire mouche. Puis, ils semblaient s’organiser pour une attaque coordonnée. Ils allaient s’en prendre à nouveau aux destroyers. Serait-il trop tard ?

Dans la salle de commande, tout le monde avait le souffle coupé. Les milliards de paires de patte mécaniques s’abattirent sur les cuirassés Anunnakis. En quelques secondes, les coques furent percées et les obédients pénétrèrent à l’intérieur. L’immense nuée se coupa en deux et déjà une partie du nuage se dirigeait vers Krazilla et Oraynor. Les crabes cuirassés fonçaient les uns sur les autres comme s’ils avaient perdu tout contrôle. Ils se fracassèrent les uns contre autres et explosèrent pour alimenter le cortège des débris. De petits vaisseaux-chasseurs, qui avaient l’apparence de moustiques sans pattes, décollèrent des planètes naines. Elles fonçaient vers le nuage mécanique et visaient les petits obédients. Ces derniers étaient protégés par leur propre champ de force et esquivaient avec brio les tirs. Leur aisance dans le vide de l’espace était comparable à des danseuses-étoiles. Ils lancèrent en représailles des projectiles ioniques sur les moustiques qui explosaient en feu d’artifice.

Enfin, les braves machines s’abattirent en pluie sur les avant-postes qui tiraient des ogives explosives sans succès. Avant même que le secteur ne soit entièrement nettoyé des Anunnakis, les Orixans du vaisseau amiral savaient qu’ils avaient remporté la victoire de cette bataille. Elle n’avait pas duré. Aucun Orixan, ni aucun de ses alliés n’avaient perdu la vie. Il n’y avait eu que des pertes matérielles : soit un peu plus d’un quart des obédients mécaniques.

Njeddo Dewal regardait le spectacle sur l’écran de contrôle avec une satisfaction non-dissimulée.

– Nous avons gagné une bataille, nous gagnerons la guerre. Envoyez des hommes sur les avant-postes. Krazilla et Oraynor sont à nouveau à l’empire.

Les officiers applaudissaient. Pour eux, ils lui devaient cette victoire écrasante. De diseuse-de-vérité, elle devenait non pas général mais chef de guerre. C’était la première fois qu’un territoire avait été repris aux terribles Anunnakis. On scandait :

« Dame Dewal ! Dame Dewal ! Dame Dewal ! »

En cet instant, on l’aimait plus que l’empereur… et que l’impératrice.

La nouvelle traversa rapidement les galaxies et les univers libres. L’empereur, en compagnie de son épouse et des huit membres des Neuf, était partagé entre la suffisance qui incombait à son rang et l’exultation.

Quant aux membres du conseil des treize, restés sur leur planète respective, ils étaient partagés entre la joie de la victoire et l’horreur. Il voyait la popularité de la diseuse-de-vérité dépasser celle de l’empereur.

Et si Olokun avait raison, l’armée des obédients mécaniques, un jour, se retournerait contre eux et les écraseraient aussi vite que les Anunnakis pendant la bataille de Krazilla-Oraynor.

Cette victoire était celle de la dame Dewal. Et cela impliquait tellement de choses. La donne de la politique impériale allait encore changer.

CHAPITRE 18: MARCHELINE STAMPTON

Que savait-il ? Il avait un profil et un nom : Vassili Patine. Il savait aussi que tous les enlevés en dehors d’être de jeunes adultes avaient en commun un syndrome très rare. Ce petit détail était une aubaine car il pourrait à n’en pas douter dresser cette liste qu’il demandait depuis si longtemps à Orsino et que ce dernier refusait de lui donner pour des raisons qui lui échappaient.

Les recherches de l’inspecteur l’avaient mené en Angleterre à l’université d’Oxford dans le département des Neurosciences. Il devait voir le Professeur Marcheline Stampton, l’éminente neurobiologiste qui dirigeait ce département. En arpentant les couloirs sillonnés par quelques hommes et femmes en blouse blanche, il se mit à repenser à une personne qui lui avait été cher à son cœur et dont il avait toujours regretté la séparation.

Mais c’est une autre femme qui l’arracha à ses pensées, moins séduisante, plutôt sèche et frêle, l’air sévère. Elle avait l’air microscopique à côté de l’inspecteur gaillard, mais le ton de sa voix montrait qu’elle n’avait l’air guère impressionnée :

– Excusez-moi monsieur, qui êtes-vous ? Je ne vous ai jamais vu ici. Que cherchez-vous ?

– Je suis inspecteur d’Interpol, madame, et je cherche le professeur Marcheline Stampford.

La femme lui jeta un regard réprobateur de bas en haut par-dessus les verres de sa paire de lunette :

– Je ne connais pas cette Stampford. Mais peut-être que vous vouliez dire StampTON, dit-elle avec une voix stridente en appuyant sur la dernière syllabe.

– Oui, c’est bien cela, vous la connaissez ?

– Inspecteur d’Interpol, c’est bien cela ? Que lui voulez-vous ?

– C’est une enquête de la plus haute importance, vous comprendrez que…

– Je suis le professeur StampTON, lui coupa-t-elle aussitôt agacée.

Elle lui montra son badge.

– Epargnez-moi le baratin habituel, avec tout mon respect. Est-ce que je peux voir votre plaque ?

Heinrich voulut lui dire qu’il n’était ni du FBI, ni de la CIA pour avoir une plaque mais sortit sa pièce d’identification d’Interpol. Elle la lut attentivement avant de lui lancer :

– Enchanté monsieur Heinrich Van Holmen… Que puis-je donc faire pour vous ? C’est un lieu insolite pour une enquête d’Interpol, non ? Je ne suis pas connaisseuse, mais il ne me semble pas qu’il y ait eu meurtre dans les parages.

– Exact. Il n’y a pas eu de meurtre ni dans les parages, ni ailleurs, en tout cas aucune preuve dans ce sens. Pourrions-nous discuter dans un endroit privé ?

– Mon bureau n’est pas loin. Suivez-moi…

En marchant, ils rencontrèrent quatre techniciens en blouse à qui elle ordonna des consignes très strictes sur des expériences auxquelles il ne comprenait absolument rien. Il comprit que le professeur Stampton était non seulement très respectée, mais manifestement très crainte aussi.

Elle s’en rendit compte car avant de le laisser entrer dans son sanctuaire, elle lui dit :

– Il faut maintenir les troupes au pas, sinon les objectifs ne sont jamais atteints.

Il avait trouvé étrange cette manière de désigner son équipe scientifique.

– Êtes-vous au fait du jargon médico-scientifique ? lui demanda-t-elle encore.

– Non, répondit-il simplement.

– Parfait, rentrez et asseyez-vous. Je ne vous propose rien à boire ni à manger, je n’ai rien de ce genre ici. Juste deux minutes, j’ai message important à envoyer.

Elle écrivait visiblement un long SMS. Pendant ce temps, l’inspecteur faisait le tour du propriétaire des yeux : le bureau était exactement comme il l’aurait imaginé. Du mobilier en bois et ancien, des livres épais plein les étagères, des récompenses accrochées sur les murs côtoyant des tableaux, des fenêtres hautes encadrées par d’épais rideaux rouges et des lampes de bibliothèques qui diffusaient une lumière tamisée. Il jeta un œil aux deux portes opposées du fond et sur l’une d’elle était inscrit « secrétaire » en anglais. Il s’assit sur une chaise qui lui semblait être du mobilier Louis XVI ou napoléonien. Il n’était pas sûr, il n’y connaissait rien.

– Pas de problème, je vous remercie de me recevoir.

– Je vous en prie. Alors dites-moi tout. Je suis intrigué, lui dit-elle avec un ton plus doux. Elle le scrutait par-dessus ses lunettes, assise en face de lui.

– J’enquête sur un réseau criminel international d’enlèvement et il y a de fortes chances que les patients que vous suivez pour le syndrome Lefaye-Smith soient les cibles. Aussi, je souhaiterai avoir une copie de la liste de ces patients pour anticiper ces enlèvements.

Il eut un silence. Elle le regardait attentivement et finit en soupirant par dire :

– C’est très étrange. D’autant plus que c’est la troisième fois que je reçois la même demande d’une autorité en l’espace d’un mois.

– Comment ça ? demanda Heinrich interloqué.

Qui d’autres pouvait bien s’intéresser à cette liste, pensait-il.

– Un ecclésiastique dépêché par le Vatican est venu en premier. Puis un agent de l’OMS.

– Le Vatican ? L’OMS ? Est-ce que vous vous rappelez de leur nom ou de quelque chose qui aurait pu sortir de l’ordinaire pendant vos entretiens ? Peut-être un signe particulier, un tatouage… ?

– Hum…non, désolé. Mais je me souviens encore de l’agent de l’OMS. Je n’oublie jamais un beau visage, avait-elle dit presque sur le ton de la rêverie.

Heinrich sortit alors une photographie de sa poche et lui montra :

– Est-ce que c’est cet homme ?

La photo montrait un homme aux yeux bleus acier, un visage taillé dans le roc qui semblait avoir une allure très guerrière.

– Je peux ? demanda-t-elle en prenant déjà la photo en main.

Il la lui céda. Il ne fit pas attention à son étrange attitude qui ne dura que quelques secondes. Comme si elle était en pamoison devant la photo de l’homme aux yeux bleus acier.

– Oui, c’est bien ce monsieur, l’agent de l’OMS. Il avait un léger accent russe,… oui c’est bien lui.

Heinrich marmonna entre ses dents :

– Vassili Patine !

– Oui, il a dit qu’il s’appelait Vassili Patine. Il avait un besoin urgent de cette liste. Le secrétaire d’état m’a même appelé en personne pour que je la lui donne. Je n’avais aucune raison de me méfier. Est-ce qu’il est recherché ?

Heinrich se demandait avant de répondre à la chercheuse pourquoi ce cher Vassili avait eu besoin de cette liste il y a moins d’un mois alors qu’il opère ses méfaits depuis bien plus longtemps :

– Un mandat d’arrêt international a été lancé contre lui. Ne vous en faites pas, rien ne vous ai reproché. Quand est-il venu vous voir ?

– Mon dieu, mais hier !

– D’accord. Pouvez-vous me fournir cette liste et me dire sur quoi vous travaillez exactement ici ?

Elle tapota sur son clavier d’ordinateur et quelques secondes plus tard l’imprimante de son grand bureau se mit en marche en crachant des feuilles imprimées. Elle expliquait :

– Je mène une étude clinique de phase III sur une nouvelle molécule qui pourrait améliorer la vie des patients atteint du syndrome Lefaye-Smith. L’hypermnésie en particulier peut être un handicap. Ils souffrent comme vous le savez peut-être d’une mémoire éléphantesque, les plus prodigieux peuvent lire la bible et la réciter entièrement sans faute même plusieurs années après. Ils souffrent aussi de synesthésie, ils voient ce qu’ils entendent pour faire simple, et tous sans exception ont leurs organes inversées. Pour certain, c’est problématique. La molécule en question leur permet de perdre la mémoire pour dire simplement. Mais croyez-moi, elle reste tout de même supérieure à celle du commun des mortels. Mais ça leur change complètement la vie.

– Quelle est le nom de cette molécule ?

– C’est confidentiel, je suis navrée.

– Bien. Combien sont-ils dans votre étude ?

– Il y a 144 000  patients inclus à travers le monde.

– Excusez-moi… vous avez dit 144 000 ?!

– Oui, je sais. C’est énorme pour une étude mais la société qui nous finance tenait à ce que tous les patients bénéficient du traitement expérimental.

– Non, je pensais juste qu’il n’y avait qu’une centaine de personne atteinte, trois cents tout ou plus.

– Vous êtes mal informé. Ceux qui ont un stade 1 sont environ 300 effectivement.

– D’accord. Quel est le nom de cette société, s’il vous plait.

– Cette information est également confidentielle. Mais je vous promets de leur demander leur aval pour vous délivrer autant d’information que nécessaire.

– Très bien. Je suppose que vous avez rencontré quelques-uns parmi eux ? Les 144 000…

– En tant qu’experte de ce syndrome, j’ai été pratiquement tous les chercher à travers le monde pour leur expliquer la maladie et surtout leur proposer de participer à l’étude.

– Ils ont tous accepté ?

– Presque tous, oui. Tenez, voici la liste des 144 000.

– Il prit une pile de feuille où était inscrit une liste de nom, d’adresse et de numéro de téléphone et un code patient sous forme de code barre.

– Qu’est-ce que c’est le code de barre, demanda-t-il ?

– Cela permet d’accéder plus rapidement à leur dossier et à leur caractéristique biométrique et génétique…

– Je ne vais pas vous demander si c’est légal.

– Mais pour qui me prenez-vous monsieur ! Une renégate !

– Docteur …

– Professeur, rectifia-t-elle toujours courroucée.

– Professeur, saviez-vous qu’une trentaine de cette liste ont été enlevé au cours de ces derniers mois dans des conditions effroyables et sans demande de rançon.

– Visiblement, vous ne me posez pas la question, mais vous l’affirmez. Et non ! Je l’ignorais, je n’ai rien à voir là-dedans. Je les aide, je suis scientifique, vous comprenez.

– Avez-vous les coordonnées ou un numéro pour joindre cet agent de l’OMS ? lui demanda-t-elle en pointant la photo de son long doigt.

– Oui…

– Donnez-le-moi, s’il vous plait.

– Voilà, dit-elle en lui donnant sa carte de visite.

– Ça ne vous a pas traversé l’esprit de me la donner quand on a évoqué le nom de Patine ?

Elle ne se donna même pas la peine de répondre.

– J’ai une dernière question, dit-il en se levant, vous n’avez aucune idée de la raison de ces enlèvements ? Une particularité de ces patients qui seraient exploitables ?

– A part leur extraordinaire mémoire… non.

– Très bien. Je vais devoir perquisitionner tout ce qui est en lien avec l’affaire. Et vous demandez de ne plus toucher à rien et donc de ne plus revenir dans ce bureau jusqu’à nouvel ordre.

– Mais ce n’est pas possible !

– Je suis navré, je n’aimerai pas vous inculper pour entrave à une enquête internationale… professeur, en lui montrant devant son nez le fameux mandat tiré d’une de ses poches de sa veste.

La voix du professeur devint bizarre, comme si elle avait été subitement enrouée :

– Sale type ! Je n’ai pas immigré sur cette planète pour que vous me fassiez tout perdre !

Les yeux d’Heinrich devinrent ronds comme des billes :

– Pardon ?

En guise de réponse, elle lui sauta à la gorge comme un criquet. Le bond qu’elle avait effectué comme une athlète n’avait rien de naturel, et sa force non plus. L’inspecteur avait un mal fou à se dégager de son étreinte, il sentait les veines de son cou et de son visage gonflé, prêt à rompre. L’instinct de survie lui commanda que ce n’était pas une femme frêle sans défense, il lui asséna un coup de poing sur la face. Mais cela n’avait rien changé. Il en donna un deuxième puis un troisième, puis fonça contre l’un des murs pour l’écraser de tout son poids. Elle céda. Il reprit son souffle et entreprit de prendre son revolver pour la tenir en joue. Elle bondit sur le côté et voulait se lancer à nouveau contre lui.

– Stop ou je tire !

A ce même moment, la porte d’entrée du bureau s’ouvrit. Il reconnut la personne. Son cœur fit un bond dans poitrine :

– Vassili Patine !

Il comprit que le long SMS qu’elle avait envoyé tout au début lui était adressé pour qu’il vienne. Il comprit son comportement étrange face à la photo…

Elle profita de ce moment de stupeur pour le désarmer. Vassili, presque aussi massif, fonça sur lui avec un rictus. Ancien officier de l’armée néerlandaise, Heinrich en avait conservé de sacrés réflexes, il pivota laissant son adverse être entrainé en avant par son propre poids puis lui asséna un sacré crochet dans le ventre, enchainé par un violent coup de coude dans le dos pour qu’il finisse sa course au sol. Le professeur rentra à nouveau sur le ring en sautant et gesticulant le menaçant de coup de pied sec et bien placé. Elle maitrisait visiblement un art martial. Elle l’attaqua au visage puis aux côtes. Il parait tant bien que mal les coups de la furie avec les bras et ne trouvait aucune ouverture « pour lui botter le derrière » comme il aurait souhaité le faire.

Mais il avait oublié Patine qui se releva et lui rendit la monnaie de sa pièce en lui donnant un coup en traître par derrière dans les côtes. Le pauvre inspecteur se cabra de douleur mais rendit l’appareil par un coup de pied arrière. Trop lent, le russe esquiva son coup et attrapa son pied. Il fit une manœuvre de krav-maga et mit à terre Heinrich si violemment que ce dernier était à moitié assommé.

La chercheuse-ninja s’approcha avec son arme à feu et lui dit :

– En fait, monsieur Van Holmen, il y a bien eu meurtre à Oxford. Hier, le professeur Marcheline Stampton a été assassiné par mes soins et j’ai pris sa place. Et, il n’y aura aucune perquisition !

Il était incapable de parler, trop sonné. Vassili l’acheva d’un coup de poing.

CHAPITRE 17: HEXAGON INDUSTRIES

Il était 9H15 du matin, heure locale. Peter était déjà dans le grand hall de l’hôtel qui se trouvait juste à côté de la mairie de Clay Hill. Il observait l’ennuyeux ballet coloré des va-et-vient des clients exubérants en jetant régulièrement un coup d’œil à sa montre : il attendait patiemment sa compagne de voyage depuis déjà une vingtaine de minutes. La veille, après avoir été accompagné de l’aéroport par Orsino Somboli, ce dernier leur avait précisé qu’une voiture les emmènerait à 9H30 au siège d’Hexagon Industries. Les locaux administratifs se trouvaient en périphérie de la ville. Et bien que la circulation dans Clay Hill ne soit jamais dense, il fallait bien une trentaine de minute pour s’y rendre sans avoir à se presser.

            Agnès arriva enfin comme une fleur dans une robe printanière et les cheveux relâchés sur les épaules. Son sourire radieux fit vite oublier à Peter son retard. D’autant plus qu’il ne l’avait pas attendu pour prendre son copieux petit-déjeuner. Elle ne s’en soucia même pas puisqu’elle avait l’habitude ne pas manger le matin. Peut-être prenait-elle parfois juste un café bien serré en arrivant à l’université. Et bien-sûr, quand elle recevait son frère Jacques chez elle, il la forçait presque systématiquement à prendre un bon repas le matin.

Après les salutations matinales d’usage, ils entreprirent tous les deux de sortirent du hall pour attendre la voiture à l’extérieur. Pour Peter se serait l’occasion d’allumer sa première cigarette depuis plus de vingt-quatre heures. Ils y allaient lorsqu’ils aperçurent Orsino qui franchissait les portes tambours automatiques. Agnès remarqua tout de suite son élégance et son charme naturel qui le démarquait nettement des inconnus qui allaient et venaient dans le hall. La veille, elle était trop fatiguée et trop impressionnée par la découverte de l’île Deslimbes pour avoir pu jauger l’élégant PDG. Peter salua Orsino en lui disant avec humour, bien qu’il y ait eu un véritable fond de vérité :

– Je suppose, cher monsieur Somboli, qu’aujourd’hui aussi nous pouvons faire une croix sur la limousine ?

– Absolument, répondit-il d’un air amusé. Mais vous verrez, ma voiture n’est pas mal non plus. Car il me semble que vous êtes un fondu de bolides…

Ils arrivèrent sur l’esplanade qui était bondée. Peter sortit son paquet dans laquelle il y avait une unique cigarette. Orsino l’arrêta net :

– Personne ne fume ici sur cette île. C’est formellement interdit.

– Vous plaisantez ? demanda Peter sous le choc.

Agnès était soulagée. Elle ne fumait pas et avait horreur de l’odeur du tabac.

– Non, non absolument pas. L’air pur de cette île doit être sauvegardé. Mais on vous donnera un comprimé à la visite médicale. Votre envie s’envolera définitivement. Beaucoup ont été dans votre cas en débarquant ici.

Puis, tendant la main, il lui dit avec un grand sourire :

– Donnez-moi votre paquet.

Peter le lui donna avec un petit pincement au cœur. Il n’essaya même pas de négocier, d’en savoir plus sur ce comprimé miracle. Il regardait en l’air, sans plus rien dire. Le ciel était bleu, sans nuage. Il faisait ni trop froid, ni trop chaud, mais il y avait une légère brise humide. Agnès regardait, elle, vers l’horizon et s’exclama :

– C’est incroyable, ces montagnes noires, je ne les avais pas remarqué hier soir.

– En fait, si. L’île est ceinturée par ces montagnes qui nous protègent du vent et des autres intempéries de l’océan. Ce sont les hautes falaises de granit noire que vous avez du apercevoir en arrivant hier par avion. En réalité, nous sommes dans l’une des plus vastes caldeiras au monde. Plus de 10 000 mètres carré. Les montagnes que vous voyez là sont les bords d’un supervolcan.

– Impressionnant mais ce n’est pas dangereux de vivre ici ? demanda Peter inquiet, soudain sorti de sa torpeur.

– Moins dangereux que de vivre à proximité de Yellowstone. Nous n’attendons pas d’éruption avant au moins le 5 avril 8115. Nos vulcanologues sont formels.  Presque toute l’énergie utilisée sur l’île vient directement ou indirectement de la chaleur résiduelle dégagée dans le sous-sol.

– Quelle précision de prévision ! Comment faites-vous ? J’ignorais que les éruptions volcaniques étaient prévisibles. Et surtout, comment vous faites pour cacher une île volcanique aussi grosse en plein milieu de l’Atlantique ? demanda Agnès, curieuse.

– Tout est prévisible sur cet île, ou presque. Nous disposons de technologies dont vous n’avez pas idée. Et en ce qui concerne la manière de cacher une île aussi vaste aux yeux du monde et des satellites, je préfère que les experts en la matière vous répondent eux-mêmes. C’est très complexe. Une technologie sophistiquée avec des occulteurs et des déflecteurs.

Agnès n’avait pas compris un traître mot. Mais elle prit soudain conscience que, contrairement à la veille, où l’esplanade était vide de monde, cette fois-ci, l’espace était bondé. Elle avait manqué de se faire bousculer. Il y avait des restaurants, des magasins, des gens avec leurs enfants, certains en amoureux, d’autres qui promenaient leurs chiens. Toutes ces personnes semblaient venir des quatre coins du monde. C’était un « melting pot ». Tout avait l’air presque normal, sauf qu’elle ne reconnaissait aucune enseigne, et bien évidemment les personnes présentes en majorité n’étaient pas habillées comme elle avait l’habitude de le voir. Ils étaient exactement comme ceux de l’aéroport, la veille. Agnès voulut poser une question à ce sujet quand un cri perçant traversa ses tympans. C’était Peter. Il avait failli s’étrangler quand ils se sont arrêtés devant une voiture de sport racée, rouge et noire:

– Hiiiiiiiiii ! Mais ce n’est quand même pas votre voiture, ça, vous rigolez !

Il sautait comme un gosse.

Orsino répondit fièrement en s’adressant à Agnès :

– Alors impressionnée ?

Mais c’est Peter qui continuait d’hurler :

– Si je suis impressionné ! Je veux la même ! Je vais m’évanouir dans la minute si je ne monte pas dans cette caisse !

– C’est une Ferrari quatre places spécialement construite et conçue pour moi. Elle fonctionne à l’hydrogène comme tous les véhicules sur roues ici. Même nos jets, se vantait-il.

Orsino sortit de sa poche un trousseau de clé relié à mini boitier ovoide. Il pressa dessus où il y avait une marque, et les quatre portières s’ouvrirent comme des ailes d’albatros qui se déploient. Peter ne laissa même pas le choix à Agnès de monter à l’arrière. Il s’assit confortablement sur le siège cuir avant, mit sa ceinture, les yeux brillants. Une voix féminine très avenante raisonna alors:

– Bonjour Orsino, où dois-je vous conduire ?

Il répondit à la voix machinalement :

– Au siège d’Hexagon Industries, Giulia. Oui, c’est son prénom… en s’adressant à Peter qui le regardait avec un regard ébahi plein d’interrogation. Je n’ai pas encore mon permis, c’est Giulia qui me sert de chauffeur personnel.

– Vous n’avez pas le permis ? Mais vous plaisantez ? demanda Peter.

Car, oui, aux Etats-Unis, il est de notoriété que presque tout le monde obtient son permis avant l’âge de 20 ans, mais en fait, il se moquait bien de la réponse, seul voiture du PDG lui importait. Quand elle démarra au quart de tour presque silencieusement, il se mit à hurler bien plus fort qu’il ne l’avait fait il y a quelques minutes :

– Je veux la même ! Il y a combien de chevaux dans ce moteur ?!

Avant même qu’Orsino ne puisse répondre, Agnès souffla agacée :

– Racontez-nous plutôt qui vous êtes, ce qu’est Hexagon Industries et surtout pourquoi nous sommes là. Et comment ça se fait qu’on ne se rappelle plus du contenu de votre CD depuis qu’on a débarqué sur cette île. On verra la puissance du moteur après, si tu le veux bien Peter, rajouta-t-elle sèchement.

L’intelligence artificielle tourna à une intersection pour emprunter une grande voie rapide. Elle doubla trois ou quatre voitures et appuya sur le champignon. Il racla sa gorge :

– Vous ne vous rappelez pas du contenu du CD tout simplement parce que vous avez été manipulé.

Il venait de lâcher une bombe mais cela n’avait pas l’air de le chagriner plus que ça. Par contre les deux compères étaient interloqués:

– Je vous demande pardon ! entonnèrent-ils en chœur.

– Le contenu du CD possède un verrou qui provoque comme une sorte de choc psychologique, reprit-il. Les personnes qui le visionnent sont tellement choquées qu’elles préfèrent oublier.

– Mais mon frère a regardé ce CD ! Je lui ai montré ! Nulle part c’était écrit « confidentiel » ou « à ne montrer à personne sous aucun prétexte » !!!

– Calmez-vous, il ne risque rien. Tout comme vous, il ne sait plus ce qu’il a vu. C’est tout.

Il avait pris un léger accent italien.

– Et en même temps, il me semble que l’homme qui vous a apporté le CD vous a prévenu que c’était confidentiel. Et un CD avec un mot de passe aurait dû vous mettre la puce à l’oreille.

Elle était abasourdie et en colère.

– Est-ce que ce sont des reproches ? Et puis pourquoi, sans même nous rappeler, on a accepté irrésistiblement ce travail ? Sans même savoir de quoi il s’agit, on se pointe dans cette île perdue au milieu de nulle part…

– Oh mais vous savez exactement pourquoi vous êtes ici. Vous avez accepté parce que c’est extraordinaire, dit-il.

– Quelle preuve a-t-on que c’est extraordinaire ? Je ne me rappelle même pas avoir négocié un salaire à six chiffres, coupa Peter sur le ton de la plaisanterie.

La voiture tourna encore à une intersection, prit un pont qui enjambait une longue crevasse profonde d’où s’échappait des vapeurs inquiétantes, et ralenti avant d’arriver à un poste de contrôle. S’étalait devant leurs yeux une forêt qui avait l’air impénétrable. Seule la large route tracée semblait pouvoir la traverser. Orsino montra patte blanche et la voiture pu poursuivre son chemin. Ni lui, ni Agnès n’avaient réagi à la plaisanterie du pauvre Peter qui n’avait pas réussi à désamorcer l’ambiance électrique.

– C’est grâce à un autre coup de pouce technologique, reprit-il. Pour vous persuader de la véracité de ce qu’on voulait vous montrer, une sorte de… (Il cherchait ses mots) message subliminal, on peut dire ça, a été glissé parmi les images. L’effet secondaire, eh bien, c’est que pour le moment votre libre-arbitre… vous en avez plus. En tout cas, uniquement en ce qui concerne les affaires d’Hexagon Industries, avait-il ajouté comme si cela allait adoucir la nouvelle. Vous voulez venir ici, vous voulez y rester. Et, plus vous êtes curieux de nature, plus l’effet est accentué.

– Je rêve… je rêve, je rêve. Je veux partir, mais je n’en ai même pas envie. Il y a de quoi devenir folle !

– Quand est-ce que ces effets se dissiperont ? Je ne vais pas devenir fêlé, j’espère, parce que j’ai des antécédents dans ma famille, demanda Peter.

– Et mon frère, il n’y a pas plus curieux ! Il va débarquer à la nage !!!

– Les effets s’annuleront avec le visionnage d’un autre CD à la visite médicale. Vous aurez alors le choix de rester ou de repartir à votre vie d’avant. Et aucun risque de folie, je vous le promets. Et quant à votre frère, je vous assure, il ne court aucun danger.

Le bolide émergea de l’autre côté de la forêt. Cette fois-ci, il y avait un immense complexe de bâtiment et d’entrepôts en verre, béton et acier qui formait comme des alvéoles. L’intelligence artificielle de la voiture se dirigea dans le parc pour se garer. Ils descendirent. L’atmosphère était toujours très tendue. Lorsque, pour ne rien arranger à la situation, une voix, qui parlait très lentement et distinctement en exagérant la prononciation des mots, se fit entendre :

– Monsieur, bonne arrivée. Les contrebandiers ont été repérés dans le sud de l’Argentine. Nous pensons qu’ils veulent appareiller pour l’Antarctique.

Agnès faillit pousser un cri d’effroi au son de sa voix. Elle la reconnaissait. Cette manière d’articuler exagérément, le timbre, tout. C’était celle de l’homme au mouchoir blanc qui avait déposé le CD dans son bureau. Orsino leva les yeux au ciel comme s’il demandait de l’aide de la divine providence.

– Oh docteur Strofimenkov, je suis ravi de vous revoir ! Sa bouche se fendit en un étrange sourire. Docteur Silverstein, je n’ai pas eu l’honneur de vous rencontrer plus tôt.

Agnès ne bougea pas mais grommela:

– Eh bien, j’aurai bien voulu avoir la même chance…

Peter tendit sa main pour saluer l’androïde qui répondit aussitôt :

– Je ne sers jamais les mains. Je vois tous les animalcules qui vivent dessus. Ça me répugne.

– Ah, je comprends. J’ai un cousin comme ça. Petit, on passait tous les étés ensemble à Saint Louis. C’est marrant, il vous ressemble un peu. On se salue comme ça tous les deux.

Il lui fit le signe de Spock de Star Strek.

La bouche de Gasper se fendilla encore plus. Il semblait très content. Il lui rendit son signe.

– Vous êtes sympathique Docteur Silverstein.

– Gasper, est-ce qu’on peut se voir tous les deux cinq secondes avant que je fasse la journée d’intégration à nos deux nouveaux arrivants ?

– Bien-sûr Monsieur. Est-ce que j’ai le temps de dire bonjour à Giulia ?

– Absolument pas !

Tous les deux se mirent donc à l’écart, et Orsino lui expliqua :

– Le docteur Strofimenkov a montré le contenu du CD à son frère. Il l’a vu plus tôt que prévu, certes, mais ce n’est pas une si mauvaise chose que cela. Vous devez vous en occupez rapidement. Je ferai ce que j’ai à faire de mon côté. Le timing devra être parfait si nous ne voulons pas tout perdre. Vous savez ce que vous avez à faire ?

– Oui, Monsieur. Si je dois absolument y aller, j’y vais. Si vous êtes sûr que je suis apte.

– J’ai une confiance absolue en vous. Bien, allez-y maintenant, c’est très urgent.

– Je cours, Monsieur.

– Attendez. Je vous ai déjà demandé de ne pas me donner ce genre de renseignement quand je ne suis pas seul… vous savez, les contrebandiers. Vous avez déjà oublié ?

– J’essaye de ne pas être parfait, monsieur, comme les humains.

Orsino secouait la tête, surpris par cette réponse. Gasper s’éloigna alors et le PDG revint avec un sourire faux :

– Une sombre histoire de contrebande. Je vous expliquerai le moment venu. Où en étions-nous ?

– Vous disiez que mon frère ne courrait aucun danger, répondit-elle toujours aussi furieuse.

– Et qu’on ne risquait pas de devenir cinglé, rajouta Peter.

– Exact. Suivez-moi plutôt, votre avenir vous attend là-bas. Vous saurez, enfin.

Agnès jeta un regard à son compère. Elle lui dit tout bas mais suffisamment fort pour qu’Orsino entende :

– J’ai l’impression que ça fait cent fois qu’il nous assure que l’on va tout savoir, mais que nous n’en savons toujours pas plus. Il nous balade.

Peter lui répondit :

– Nous n’avons pas le choix de le suivre apparemment.

Orsino avait bien-sûr tout entendu et cela l’avait visiblement blessé. Il s’arrêta et se tourna face à eux d’un air grave mais sincère :

– Je ne vous ai pas tout à fait dit la vérité hier soir quand vous m’avez demandé si j’accueillais moi-même toutes nos nouvelles recrues.

– Nous ne sommes pas les derniers ? demanda Peter.

– Vous êtes bel et bien les derniers, mais vous êtes particuliers. Mais disons que c’est une histoire de famille…

– Une histoire de famille ? Expliquez-vous ! Gronda Agnès.

– Nos parents se connaissaient et ont collaboré par le passé dans cette même entreprise… Ils y ont laissé leur vie.

– Vous savez quelques choses sur la mort de mes parents ? demanda Agnès incrédule.

– Comment pourriez-vous connaître les circonstances de leur mort ??? Renchérit Peter.

– Je veux dire qu’ils ont consacré leur vie à cette entreprise et à son but… Agnès, vos parents travaillaient sur le moyen d’améliorer les capacités physiques humaines sans modifier le génome, sans donner de substances, sans avoir recours à des prothèses technologiques. Ils vous ont poussé dans la voie de la recherche biologique dans l’espoir qu’un jour vous repreniez leurs travaux. Votre héritage vous attend dans ces bâtiments. C’est pareil pour vous Peter. Votre père était également physicien, mais pas nucléaire. C’était un éminent mathématicien et un grand théoricien. Il nous a beaucoup aidés à comprendre les voyages à travers les dimensions. Ils voulaient que vous repreniez également le flambeau. Toutes ses notes sont dans votre bureau dans l’un de ses bâtiments. Vous voulez en savoir plus sur eux, sur vous-même, suivez-moi. Vous pourrez retourner à vos vies, je vous le promets.

Ils se regardèrent quelques secondes et Peter finit par détendre l’atmosphère :

– On s’appelle par nos prénoms maintenant alors, Orsino ?

– Ce serait souhaitable. Nous sommes presque des amis de famille.

Agnès desserra le visage.

– Allons-y, dit-elle.

– Dites-moi, Orsino, vous avez bien dit « voyages à travers les dimensions » ?

Orsino lui fit un large sourire en guise de réponse.

Depuis longtemps, Ils eurent l’impression d’avoir eu le choix, même si ce n’était pas vrai. Mais une fois le CD de déconditionnement visionné à la visite médicale, ils recouvrirent leur libre-arbitre et décidèrent tous deux de rester.

Effectivement, ce qu’Hexagon Industries faisait était extraordinaire. Ce que cela impliquait pour l’avenir de l’humanité aussi. Ils apprirent presque tout ce qu’ils voulaient savoir et ils en étaient subjugués. Hexagon Industries voulait inverser le réchauffement climatique, mettre fin aux crises sanitaires en supprimant les maladies, même les plus terribles, ensemencer les déserts, préserver la nature, permettre à l’humanité de conquérir d’autres mondes en leur offrant des sources inépuisables d’énergie…Mais le plus improbable, surtout, c’est qu’ils en avaient les moyens technologiques et financiers. Quant aux moyens politiques de les appliquer, cela aurait été surement une autre paire de manche. Ils ne surent rien sur cet aspect de la question et les réponses qu’on leur donnait restaient très vagues, comme un « vous le saurez bien assez tôt ».

On leur offrit aussi, ce qu’ils acceptèrent sans condition ou presque, de diriger des départements. A la joie de Peter, son salaire était à la hauteur de ses espérances et exonéré des impôts. Et ils choisirent tous deux sur catalogue l’emplacement de leur résidence principale et secondaire sur l’île. Ils reçurent avant même de signer les contrats de confidentialité, leurs clés. A la fin de la journée, Orsino Somboli leur avait dit :

– Ce monde est comme un rêve, mais souvenez-vous, tout est explicable.

LES ANUNNAKIS

Dans notre réalité, les ANUNNAKIS sont les divinités des civilisations de la Mésopotamie (entre 4000  ans avant notre ère et le premier siècle – vérifiez quand même !). Souvent dénoncés par les NEO-EVHEMERISTES comme étant des extra-terrestres venus sur Terre parce qu’ils auraient été en manque d’or sur leur planète NIBIRU et mis en scène dans la célèbre émission « Alien Theory », dans la réalité de la conspiration des colombes, leur identité n’est pas si lointaine de la vision néo-évhémériste:

Ils sont les grands adversaires des Orixans dans cette Théomachie, et ont l’air d’être plutôt en passe de gagner la guerre.

On en reparlera un peu plus pour en savoir d’avantage sur leur biologie, physiologie et métabolisme.

Affaire à suivre…

DÉFINITION: Si les évhéméristes pensent que les anciens dieux sont des personnages réels qui ont été idéalisé et divinisé après leur mort, les néo-évhéméristes pensent que les dieux sont des personnages « extra-terrestres » qui ont été divinisé par nos ancêtres parce qu’ils ne comprenaient pas la technologie de ces dernies qu’ils prenaient pour de la magie.

LES OBEDIENTS MECANIQUES (OU LE PEUPLE DES MACHINES)

http://www.lescurieuses.net/2014/11/intelligence-artificielle-doit-on-la-craindre-ou-laccelerer/

OBEDIENT MECANIQUE est le nom générique pour toutes les formes de vie intelligente artificielle qui évoluaient au côté des formes de vie intelligentes organiques à l’époque de l’empire d’Elium.

Bien qu’extrêmement avancés technologiquement, les orixans ne sont pas les créateurs des Obédients mécaniques. Ils ont été conçus par une espèce plus évoluée encore, antérieure à leur civilisation et qui avaient déjà disparu mystérieusement avant l’apogée d’Elium.

Les obédients mécaniques sont les antagonistes de la première théomachie qui opposait vie organique contre machines. Elle s’est soldée par la victoire des Orixans et le début de leur ascension et l’asservissement des obédients parqués à des fonctions telles que l’exploitation des mines d’astéroïdes (trop dangereuses pour des formes de vie organique), des fonctions ouvrières, domestiques …

Ces fonctions contrastaient avec l’extrême sophistication et complexité de leurs systèmes et organisations :

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Tous les obédients mécaniques quelques soient leur forme ont un cerveau positronique : ce sont des ordinateurs quantiques à système ternaire dont les processeurs sont en carbonado (une forme de diamant qui rend les processeurs beaucoup plus rapides, beaucoup plus performants, plus résistants à la chaleur… que nos processeurs en silicium). Les circuits nerveux sont associés à des fibres optiques améliorées. Le squelette, l’armature et le revêtement sont fait en métamatériaux polymorphes semi-métalliques.et chacun sont munis d’une pile atomique ou à combustible selon la classe.

Si tous les obédients mécaniques ont une volonté propre et éprouvent des émotions et des sentiments, ils obéissent tous à l’obédient mécanique père qui possède un code source principal (dont la modification à permis leur asservissement).

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TERMINATOR
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LE ROBOT NAO (existe pour de vrai)
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THE BICENTENNIAL MAN
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ROBOCOP
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I ROBOT